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                                          BONNE ANNEE 2013 A L'HUMANITE ENTIERE



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Crée le 08/07/2010
Prénom : Sana
Ville : Douala

Description :
Massa

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    En réalité, les Massa sont un peuple préhistorique dont les racines plongent aux sources de la très anciennement giboyeuse région du Sahara, avant qu’elle ne devienne désertique.  Il y régnait une véritable ambiance humaine et les échanges coulaient à flots, si l’on veuille porter une attention vive aux chroniques des auteurs Arabes et notamment Abu al-Kasim Ibn Ali al-Nasibi. Né en 920 dans la petite ville de Nisibis en haute Mésopotamie, certains le disent natif de Bagdad où il passa sa jeunesse. Comme pour beaucoup de personnages célèbres, on ne connaît pratiquement rien de sa vie, excepté ce qui concerne ses voyages. Tout ce dont on peut être sûr, c’est qu’il quitta Bagdad le vendredi 15 Mai 943 pour partir à la découverte du monde. Au cours d'une série de voyages qui dura 30 ans, Ibn Hawkal parcourut pratiquement le monde islamique dans sa totalité, de l’Espagne à l’Asie centrale et des montagnes glacées d’Afghanistan jusqu’aux déserts brûlants d’Afrique Occidentale. Il rédigea plusieurs comptes rendus de ses déplacements dont un ouvrage intitulé " La Forme du Monde ", un document remarquable d’exactitude témoignant d’une réelle approche scientifique et d’un souci constant du détail. Il fut ainsi le premier à atteindre le royaume du Ghana regorgeant d’or et où le Roi régnait comme l’incarnation d’un Dieu en 951. Il fut de fait le premier à écrire sur ce pays et sur sa capitale ainsi que sur le fleuve Niger. Et comme dans la partie où il l’observa, le fleuve coulait vers l’est, il commit l’erreur de le considérer comme étant la source du Nil. Son voyage vers le sud de l’Afrique lui permit aussi de descendre 20° en dessous de l’Equateur le long de la côte et de noter que là, vivaient de nombreuses populations. Ce qui venait contredire les assertions des scientifiques grecs de l’Antiquité qui considéraient ces régions comme inhabitables. A partir de là, Ibn Hawkal se mit en tête d’atteindre le vrai Nil et pour cela, il se lança dans une traversée aventureuse du Sahara.

     C’est véritablement après la découverte et l’analyse de formations dunaires fossiles au Tchad par des chercheurs du CNRS[1]que des pans de voiles entiers s’éclipsèrent sur l’âge du désert du Sahara. Le désert chaud le plus vaste de la planète ne serait pas âgé de 86 000 ans, comme on le croyait, mais d’au moins 7 millions d’années ! Ces travaux représentent le premier jalon de la reconstruction de l’histoire climatique ancienne du Paléo Sahara, durant une période encore largement méconnue. Selon toute vraisemblance, il y a quelques milliers d’années, à l’emplacement de l’actuel désert du Sahara, régnait un climat humide et se trouvaient de nombreux fleuves et lacs, dont le Lac Méga-Tchad[2]. Le Sahara n’est pas pour autant un « jeune » désert : d’autres épisodes désertiques antérieurs ont été enregistrés, le plus vieux remontant à 86 000 ans. D’autres indices, trouvés au sein de carottages réalisés dans l’océan au large du continent africain, suggèrent l’existence en Afrique du Nord d’épisodes arides antérieurs à ce dernier. Mais aucune étude au cœur du Sahara n’avait encore permis de le vérifier. Le Tchad, et plus particulièrement le désert du Djourab (Bassin du Tchad), est devenu une région clef pour étudier l’origine et l’évolution des hominidés anciens. C’est à cet endroit, depuis 1994, que les chercheurs de la Mission paléoanthropologique franco-tchadienne (MPFT)[3] ont mis successivement au jour « Abel », Australopithecus bahrelghazali, premier australopithèque décrit à l’ouest de la Rift Valley puis « Toumaye », Sahelanthropus tchadensis, le plus ancien hominidé connu à ce jour. Les chercheurs ont ainsi identifié dans la région de Toros Ménalla, au cœur du Djourab, d’importantes formations de dunes fossiles témoignant d’un véritable erg dunaire fossile formé au Miocène supérieur, il y a 7 millions d’années. C’est le plus ancien témoignage direct d’un épisode désertique franc au Sahara. Il a précédé une phase climatique plus sahélienne marquée par la mise en place de paysages verdoyants et de lacs éphémères.

    Les peuples qui vivaient au Sahara étaient entièrement de traditions agricole et commerciale. Profitant de cette mère nature fertile et riche en espèces végétales et animales, les populations firent du Sahara un pôle de concentration et d’attraction de l’humanité. En effet, le Sahara serait en cette période l’un des centres sinon le principal en matière agricole et économique du monde. Toutes les recherches entreprises jusque-là, n’ont pas encore cernées les contours de la richesse qui se trouvent enfouies sous l’actuel désert du Sahara, les conditions climatiques étant un frein aux activités humaines. Cependant, à partir de celles réalisées, nous pouvons oser croire que le Sahara fut l’un des carrefours du monde.

Pour exercer les différentes activités agricoles, ces peuples qui, du jour au lendemain, s’accroissaient de plus en plus, se mirent à la recherche d’espaces cultivables. Ainsi, attaquèrent-ils la forêt vierge par la technique des coupes d’arbres (aussi pour la sculpture, la construction des unités d’habitation et des lits à coucher, etc.…). On vit apparaître des savanes et des plaines herbeuses à perte de vue, aidées en cela par le manque coupable de lois en matière de protection de la nature dans son ensemble, chacun pouvant aller de sa force et de son génie. Les productions agricoles étaient immenses, car comme on l’a signalé plus haut, les terres étaient fertiles sans qu’il y ait un quelconque apport en produits chimiques.

    Avec l’ouverture des clairières, ces hommes d’autrefois découvrirent l’existence d’un nombre de plus en plus croissant d’espèces animales sauvages : Lions, panthères, rhinocéros, phacochères, hippopotames, etc. Ce qui les incitait à se livrer à une forte activité de chasse. Ce fut comme un grand tournoi dans la zone. Pour se faire, armés d’arcs et flèches, ils mettaient le feu dans la brousse pour capturer leurs proies. Il faut dire qu’à l’époque, tuer un animal, ou mieux, parvenir à saisir vif à la course poursuite certains animaux à l’instar de la biche, l’antilope, le lapin, le lièvre, la gazelle était un acte de bravoure. Et ceci était l’une des prouesses Massa, réputé peuple très fort et résistant. En outre, ils pratiquaient la pêche sous toutes ses formes dans les rivières, fleuves et lacs.

     De façon répétitive, l’attaque de la nature par des méthodes agressives fit affaiblir la résistivité de l’écosystème en favorisant l’aridité du sol. Dans le même sillage, les techniques culturales très archaïques de surcroît non contrôlées pratiquées d’années en années et le nombre de plus en plus croissant de natalité sonnèrent comme une épée de Damoclès sur la biodiversité. Ce fut en quelque sorte l’une des premières crises climatiques et humanitaires du monde. Inattendument, et de façon brutale, les saisons devinrent irrégulières, la saison de sécheresse étant plus longue. Les attentes des populations furent déçues quand en fin de compte, pendant des années entières il n’y avait pas d’eaux ni pour leurs plantations ni pour eux. Enfin, d’un espace giboyeux et couvert de grands arbres, ils se retrouvèrent entourés au fil des jours par d’épaisses couches sableuses avec tous ses effets climatiques négatifs.     

        L’identification dans le Djourab d’autres niveaux de dépôts caractéristiques des déserts suggère que le Sahara a connu des conditions arides intermittentes au moins au cours des 10 derniers millions d’années, à l’instar de ce qui a déjà été mis en évidence dans le Quaternaire (de 1,8 millions d’années à nos jours). Cette étude représente le premier jalon de la reconstruction de l’histoire géobioclimatique ancienne du Paléo Sahara, durant une période encore largement méconnue. Comprendre les modalités d’émergence des hominidés anciens passe d’abord par la connaissance de leurs paléomilieux de vie. Aux côtés des paléontologues, des sédimentologues cherchent aussi à découvrir les paléoenvironnements successifs (contextes sédimentologiques, fauniques et floristiques) des hominidés anciens dans le Sahara. Leur méthode de travail repose sur le principe de « l’actualisme » : à partir des systèmes sédimentaires actuels, ils établissent des critères de reconnaissance pour chaque environnement (un lac, un fleuve, un désert, etc...), qu’ils appliquent ensuite aux séries anciennes. Chaque environnement possède ainsi sa signature géobiologique propre, ou « faciès sédimentaire », définie en termes de lithologie (études des dépôts sédimentaires), de structures sédimentaires, de géométrie des dépôts et de contenu paléontologique.[4]

      Les premières migrations recensées furent d’ordre animales, qui se déportèrent vers les régions du Lac Tanganyika, Tanzanie, Kenya, c'est-à-dire l’Afrique de l’Est et  ou du Sud. L’aridité continuant à se faire pressante, et les populations n’en pouvant plus, et avec eux les Massa, se trouvèrent forcées d'abandonner l’immense « jardin d’Eden » pour des directions inconnues jusque-là. Si la plupart des migrants et surtout ceux qui étaient de cultures et traditions similaires aux Massa, se dirigèrent vers l’Afrique de l’Ouest, les Massa entreprirent la traversée du désert par la direction du Lac Tchad. S’il n’est pas exclu que certains Massa s’égarèrent pour se retrouver en Afrique de l’ouest, puisqu’il s’agissait d’un « sauve qui peut », nous mettrons aussi en exergue le fait que certaines populations voisines se mixèrent aux Massa par égarement.


[1] Laboratoire géobiologie, biochronologie et paléontologie humaine (CNRS - Université de Poitiers), Laboratoire domaines océaniques (CNRS - Université de Bretagne Occidentale, Plouzané), Centre de géochimie de la surface (CGS, CNRS, Université Strasbourg 1)

[2] Le Lac Méga-Tchad avec plus de 350 000 km2 (soit une superficie équivalente à celle de l’actuelle Mer Caspienne ou de l’Allemagne) est le plus vaste paléolac du Sahara.

[3] La Mission paléoanthropologique franco-tchadienne (MPFT), dirigée par Michel Brunet, Professeur à l’Université de Poitiers, est une collaboration scientifique entre l’Université de Poitiers, le CNRS, l’Université de N’Djaména et le Centre National d’Appui à la Recherche (CNAR) N’Djaména. Elle regroupe une soixantaine de chercheurs de dix nationalités.

 

[4] La Mission paléoanthropologique franco-tchadienne (MPFT), dirigée par Michel Brunet, Professeur à l’Université de Poitiers, est une collaboration scientifique entre l’Université de Poitiers, le CNRS, l’Université de N’Djaména et le Centre National d’Appui à la Recherche (CNAR) N’Djaména. Elle regroupe une soixantaine de chercheurs de dix nationalités.

 

 MYTHOLOLOGIES ET LIGNAGES MASSA

I-                   L’HISTOIRE DES CLANS MASSA DU CAMEROUN

1-     LES GUISEY

Chez les Guisey, Marsou est incontestablement l’ancêtre. Sorti de son village paternel de Haara au Tchad, il pourchassait un animal avec son cheval. Il est arrivé à l’endroit qu’on appelle Géré. C’est là qu’il a tué cet animal bodgor, c’est-à-dire l’antilope. Il eut soif. Alors, il se mit à rechercher de l’eau. En brousse, il parvint à trouver un homme à Bongor seul. Ce dernier n’avait pas de maison. Il habitait dans un trou. Marsou le vit en premier à l’extérieur du trou. Mais quand cet homme le vit, il s’enfuit dans son trou. Marsou fatigué, arriva au bord du trou, demanda à l’homme de sortir et de lui montrer un endroit où il pourrait avoir de l’eau. L’homme sortit du trou, lui indiqua une direction en lui demandant : « Vas tout droit vers cette direction, tu trouveras une marre couverte de nénuphars, soulève les feuilles et bois, puis abreuve ton cheval. Puis, continues un peu devant, tu verras une grande rivière, tu te laves et aussi ton cheval. » Il s’en alla et fit comme le lui avait demandé l’homme de Bongor. Après, il revint vers l’homme, le remercia et voulut qu’il vienne après lui pour qu’ils se partagent le gibier. Mais l’homme refusa. Il ne voulut pas manger de viande. Marsou s’en retourna auprès de son papa à Haara avec une partie de son gibier, ne pouvant pas transporter la totalité. Arrivé chez son père, il fit le rapport selon lequel il a découvert un bon endroit où il désire habiter. Mais le vieillard s’y opposa en disant à son Fils : « Non, c’est toi mon fils premier-né et voici je suis fatigué. Bientôt je m’en irai. Attends de m’enterrer avant de retourner en ton lieu. » Mais le fils n’écouta point son père, décida de repartir sur-le-champ. Avant de s’en aller, le père lui dit : « Puisque tu refuses de m’écouter, voici tu ne seras jamais vieux à te raser de barbes blanches. » Malgré tout, il s’en alla, s’installa définitivement à Damar Nahaïdé là où est installé le grand chef religieux des Guisey et où on célèbre les deux grandes fêtes, Kroffa fête des récoltes (Novembre), et Nulda fête de nouvel an (février) Cet endroit de Damar, on y voit jusqu’aujourd’hui un tumulus du cheval de Marsou, où l’ancêtre attachait son cheval. On l’appelle « dibisna vi Marsu ». C’est aussi à cet endroit que Marsu enterra son cheval. Il fit appeler femmes et enfants pour entasser la terre sur le cheval. C’est cet entassement de terre qui forma ledit tumulus. Maintenant tous les guisey, à savoir Muka, Nahaydé, tous ce sont les enfants de Marsu. C’est à Damar qu’il les engendra. Ils se sont multipliés, jusqu’à ce qu’ils parviennent à se répartir sur tout le territoire de telle sorte qu’on spécifie que ceux-ci sont les Nahaydé, ceux-là sont des Muka, ici ce sont les Ardaf, là ce sont les Loko, Guibi, Djédélé, etc. Les gens de Guisey étaient à la recherche d’un de leurs fils qui s’était égaré. Ce dernier avait une cicatrice au front. Chemin faisant, les Guisey virent un jeune homme qui paissait le troupeau des Foulbés. Ayant découvert qu’il portait une cicatrice au front, ils dirent aux Foulbés que c’est leur fils. Ils le ramenèrent à leur père qui leur dit : « Celui-ci vous me l’avez ramenez “Pangsu” », c’est-à-dire qu’on le lui a ramené grand. Par conséquent, ils lui donnèrent ce nom. Une autre version explique la dispersion des Guisey en ces termes. Autrefois, il y avait un homme-panthère (KOUNGA), qui tuait les jeunes gens toujours vers les temps du soir. Un homme Guisey décida d’aller l’affronter. Il laissa la recommandation selon laquelle, si les gens entendent son cri, qu’ils sachent qu’il est au-dessus de cet homme-panthère en train de le tuer. Alors qu’ils viennent à sa rescousse. Il s’en alla et vers le soir, on entendit son cri. Les gens commencèrent à s’enfuir croyant que c’est plutôt l’homme-panthère qui était sur leur héros. C’est ainsi qu’ils se dispersèrent dans toutes les directions. C’est pourquoi on trouve les Guisey aujourd’hui un peu partout, chez les Toupouri, les Kera, etc…

 

    Au commencement donc, Marsu quitta Haari pour s’installer auprès de Bongor. Il est venu avec son beau-frère Volmey. C’est Volmay qui était à la tête de Nulda, mais il n’avait pas beaucoup d’enfants. D’autres versions disent qu’il n’avait pas d’enfant du tout. Cependant, nous l’écartons, car s’il en était ainsi, son lignage aurait été perdu et on ne parlerait plus de la famille Volmay aujourd’hui. Donc, disons qu’il n’avait pas beaucoup d’enfants. Pendant la fête, les fils de Marsu venaient soulever trop de poussière. Ceci le mécontenta. Il décida alors de passer la fête à ces derniers en disant : « La nuit à Nulda, mes enfants ne sont pas nombreux, les enfants de Marsu viennent soulever la poussière, s’il veut qu’il prenne la fête. Je te donne le tambour, va la célébrer chez toi. » Les enfants de Marsu fêtèrent à grands bruits. Marsu, son premier enfant s’appelle Dahaw. Il a engendré Giwin, et celui-ci a engendré Nahayde et Jugumta. Il a engendré Muka, qui a donné des jumeaux : Kuma et Goso. Kuma est parti au Tchad car il a frappé son frère chez son demi-frère et l’a tué. Goso a engendré Galgas ; Galgasi a engendré Tiwsiya ; Tiwsiy a engendré Zulkasam ; Zulkasam a engendré Tarsela et Tarsela a donné Jora. Kuma engendra Gusulu. Gusulu engendra Ansu. Ansu engendra Djeogama, Dikdim, Djindam et Savansela. Djeogama engendra Woundoing. Woundoing engendra Pirsela, Daïdansela, Kaksela, Hingamkreo et Drendandi, le père de Blakna. On revient sur les frères de Djeogama, Savansela engendra semdela, Djolibkréo, Ngarkréo et kolokdandi. La généalogie de Dikdim : il engendra kaldela, kikibélé, Hléboundoing, Doumdela et Tounsikreo. Pour Djindam, il engendra Vounsoumkakou, Tchitouam dowaïda et Varwekreo. Pirsela engendra Mesendoing et Lobtoing. Daïdansela est revenu engendrer Goumdjang, bedembélé, Golbikréo et Houmséla. Kaksela engendra Kolnisikréo, Youmiséla, Noumbélé, Méména, Lannigué et Niwa. Hingamkreo engendra Vississou, Tchekdena, Moutoungou, Wenga, Namou, Dokmaïssou et Zoulna. Woundoing est allé à Golongpouï vers Datchéka. Il est revenu avec une femme Dikdinou. C’est par elle que naquirent Pirsela, Daïdansela, Kakséla et Hingamkréo. Elle est fille de Miyandandi de Golongpouï.

 

      D’autre part, Dahaw, le premier-né de Marsu commit l’inceste avec sa sœur. Quand le père découvrit que la jeune fille était enceinte, il lui demanda de qui elle est tombée enceinte. Elle dénonça Dahaw son frère. Alors Marsu lui dit : « Comme tu as commis un tel mauvais acte, allez ensemble, elle est ta femme. C’est pourquoi, tes frères épouseront tes filles. » Dahaw engenda Holom et Danray. On les qualifie de Musey, or en réalité ce sont les Guisey, car descendants du fils aîné de Marsu. Les descendants de Pangsu sont Djedel, Gibi Warkalak, Ardaf et Mutang. Marsu, son père s’appelle Gere. Gere est fils de Wirsiang ; Wirsiang a engendré Hari ; Hari a engendré Nahay ; Nahay son fils s’appelle Dama ; Dam a engendré son fils appelé Guslomguslom, là au Tchad.

 

2-     LES BUGUDUM

  

  Clan qui serait rattaché à Gire,  Bugudum, comme les autres groupements massa, vient du Bahr El Ghazal. Leur premier stationnement fut le Tchad. C’est là où le premier groupe Bugudum s’est installé. Après un temps, Douma qui a créé le village du Cameroun est parti de Dumu et les Bugudum se sont installé à Dumu. Au Tchad, on les appelle les Bugudum Dumu. Douma est parti de là avec ses petits frères, il a traversé par Bongor. Il s’est installé à GOUFKA. C’est là où il a fait beaucoup d’enfants. Il a fait TCHANGA qui est son premier fils, NGARA, NOULDAYE, DJAOU, YAGOU, NAÏGISSIA et BASTEBE. Il a traversé chez KEMER, le Massa qu’il a trouvé en train de faire la pêche qui l’a aidé à traverser avec ses biens et ses enfants. Il s’est donc installé à GOUFKA. C’est comme ça que, avec la multitude d’enfants, ils occupaient le terrain. Ils ont atteint la borne 52 du Cameroun à Karam. MASSA KEMER qui a fait traverser DOUMA est resté son ami. Son fils est allé à la pêche. Il s’est installé à Vélé. Son fils GUEME est allé à la pêche. Il voulait se rendre à Ndjamena, mais il a trouvé qu’à Vélé, il y avait beaucoup de poissons. Il s’est installé là. Après un temps, il a vieilli. Bugudum compte 13 grands villages. Alors, Bugudum se marie avec Masa. Masa c’est la famille de KEMER qui a fait traverser DOUMA. Bon, ils se marient entre eux. Il y a un petit groupe KOGAÏNA. Il y a un autre groupe, RÂ. Là, ils se marient entre eux. Sinon, tout Bugudum de KARAM jusqu’à GOUFKA, ils ne se marient pas. Bon, aujourd’hui, les petits sous-groupes là, ont connu beaucoup de mariages de telle sorte que maintenant pour aller à Masa trouver une fille même, c’est difficile. Tu vas trouver qu’elle est ta nièce, ta cousine. C’est ça qui a fait à ce qu’ils se déversent du côté des Mousey, beaucoup plus à Yagoua et au Tchad. Il y a un village Mousey qui est Bugudum. C’est le village POLGUE. Ce sont des gens de Bugudum qui se sont installés là. Ils sont devenus des Mousey. Ils sont quand même d’origine Bugudum. Ceux-là, ne se marient pas. DJELME là, une partie est de WALIA et une partie est de DABA du Tchad.


 

3-     LES WINA

   Les Wina sont d’origine Doré comme l’illustre déjà leur appartenance Viri. Viri est un nominatif Tupuri qui signifie chèvre. Originaire de Illi au Tchad, Ngirla donne naissance à deux enfants : Dada et Bosgoye. Profitant de l’origine massa Guisey de leur mère, les enfants s’installent à Mulfuday-tchad avant de cheminer vers leur emplacement actuel en face de GUISEYE. Dada engendra Héou qui est Djinreng son fils aîné. Dada c’est l’ancêtre des Viri. Après Dada engendra Valay, Boukni, Barman, Baora, Valassi, Ongo’o, Koundji et Singué de Djondong et Wouda. Selon la conception ancestrale de l’identité massa suivant laquelle les enfants appartiennent au père et prennent illico l’identité de celui-ci, les Viri ne sont pas Massa. Mais aujourd’hui, la nouvelle donne identitaire le permet, d’autant que personne ne doute de leur entière intégration. La diversité culturelle constitue une réponse immédiate en matière de développement et de quiétude et de paix sociale. Les frères de Dada sont Bosgoye, Gamdjagaye et Hosoy. Par contre les Kamarki se disent d’origine Muzuk tandis que les Domo, Souaye sont d’origine Guisey.

"Dada et Gamdjagay sont des frères. Dada engendra Viri. Viri engendra Ngirla, Boukni, Djinreng, Wouda et Guidwa. Boukni engendra Fingué, Waïmo et Koundji. Koundji engendra Kolné, Valna, Arman et Alné. Kolné engendra Ha. Ha engendra Maoda. Maoda engendra Goumkréo, Nardandi et Djaobé. Nardandi engendra wouhlibé. Wouhlibé engendra Hlibi. Hlibi c’est mon père Mogomdandi."

 

"Au commencement, nous avons Marhay qui donna naissance à Pévé. Pévé engendra Ngirla, Ngirla engendra Dada engendra Nguéséo, Hosoy et Boukni. Boukni engendra Koundji. Koundji engendra Kolné. Kolné engendra Ha. Ha engendra Kotvuna. Kotvuna engendra Kapamou. Kapamou engendra Konguina. Konguina engendra Tchalamou.

J’ai dit qu’au commencement Ngirla a donné naissance à deux enfants : Dada et Bosgoye. Dada engendra Héou qui est Djinreng. Comme tu veux que je te les explique plus clairement, Ngarla engendra Bosgoye et Dada. Dada c’est l’ancêtre des Viri. Le fils aîné de Dada c’est Djinreng, il s’appelle HEOU. Après Dada engendra Valay, Boukni, Barman, Baora, Valassi, Ongo’o, Koundji et Singué de Djondong et Wouda. Ce sont ici les fils de Dada. Son fils premier-né c’est Djinreng. Les frères de Dada sont Bosgoye, Gamdjagaye et Hosoy. Dada et ses frères viennent de Marhay, ceux qui mangent les chevaux, les Moundang. Les Guéséo ne sont pas avec nous, ils viennent de I’lli avec les Kamarki.

A Marhay, après eux les Pévé, après Ngarla, Bosgoye Hosoy, après Viri, après Soukoumkaye et enfin Hougno. C’est comme ça. Les Blancs sont venus vers nous avec une violence sans pareille. Ils tiraient même sur nous. On ne comprenait pas ce qu’ils se disaient. Il y en avait parmi eux qui parlaient Fufuldé. Certains d’entre-nous apprirent la langue des foulbé à Mouta (Fianga) Ils venaient ici enlever nos bœufs et chèvres afin de les donner au Chef qui était à Mouta. C’est ainsi que le chef s’enrichissait jusqu’au jour où les Blancs décidèrent autrement. Les chefs au début de cette terre, ce sont Loumbi, Djondong, Nahayna, Ho, Doutsikreo et mon père Kotvuna. C’est mon père qui le premier se présenta pour la chefferie sur cette terre. Quant à la chefferie, c’est un homme de Vaïdou qui l’a découverte. Celui qui en premier voulu être chef, c’est mon père Kotvuna. Malheureusement, il ne parlait pas Fufuldé. Raison pour laquelle Doutsikreo la lui ravit. Peu après, les autorités ont commencé à le poursuivre, jusqu’à lui retirer la chefferie. C’est en ce moment que le chef de Domo fut désigné par les Blancs. Nous n’étions pas du tout content, alors dans une réunion, nous nous sommes concertés pour reprendre la main. Au final, nous avons été entendu et la chefferie passa entre les mains de Hinmara de Djondong. A sa mort et jusqu’aujourd’hui, c’est son fils Doungourou qui est Chef de Canton.

J’ai grandi dans ça. Mon Père Lawan a découvert la chefferie. Mais il ne parlait pas Fufuldé. J’allai partout avec lui. Maintenant même, c’est moi qui devais être le Lawan d’ici. Seulement, mon père m’avait défendu d’être Lawan, que ça allait me tuer."

 

4-     YAGWA ET WALYA

 

  Ils sont les descendants incontestés de Ali Gosoy. Mais il a dû passer par la déportation Bornouane avant de donner naissance à une progéniture. Les mythes massa montrent ce personnage voyageant de force sur une île flottante, constituée d’herbes aquatiques « dikna ». La particularité de ce moyen de traversée de l’eau, est qu’il vous emporte au gré du vent. Il est précisé que c’est un moyen fréquemment utilisé par les pauvres, la pirogue étant en ces temps la propriété du chef et de son entourage. Notre voyageur finira par échouer en terre Baguirmienne et mis au service du chef Amadou Borno. Pendant la guerre sainte lancée par ce peuple contre les voisins massa, il s’échappe et rejoint Guémé. Il s’appelle Ali, nom que lui a donné Amadou Borno en conformité avec la tradition religieuse musulmane. Guémé lui ouvre ses portes parce qu’il parle sa langue, mais il est interdit de reconnaître son identité massa parce que le jeune homme est circoncis. Il lui octroie le nom de Gosoyna, d’où Ali Gosoyna. Serviable, courageux et travailleur, il gagne la confiance de Guémé et séduit ses filles qui deviendront ses femmes. L’une d’elles donnera naissance à Yagayiloua. Yagayiloua engendra Mangadaye, Mangadaye engendra Souloum, Souloum engendra Digozo, Digozo engendra Souloukou, Kassam( les Doumouraye), Nguetté( Dabaïna). Deux de ses enfants sont au Tchad ; il s’agit de Ngadiagui et Laou (Vengue, une partie se trouve au Cameroun). Souloukou engendra Toukou et Daba. Toukou c’est le père des Yagoua et Daba celui des Dana, Walia et Mouri)

Toukou engendra Widi et ses frères Koukna, Vounsia, Maldina, Youana, Zulu, Kaou, Mouka, Tarsia, Tchoum, Tiyondi et Golona. Widi engendra Daïdoumou et ses frères Golbégué, Guirvédé, Daramdi, Hassam, Mahoboye, Bouborgué et Télémé. Daïdoumou engendra Djogoïdi et ses frères Kinan, Tchimi, Ledem, Ngarman, Vassia, Tchaktouang, Hourfou, Douroumga, Vounalem, Dansou, Lidana, Kamigué, Makidaye, Tinguira, Kaou, Yoro, Datouang, Guirda, Holo, Dahaye et Valia.

 "Daba c’est le père des Walia, il engendra hawamou, bouwa, kengué trois enfants. Sa quatrième femme, il l’a épousé au moment où elle était déjà enceinte, elle donna naissance à Kerdandi. Ses trois enfants étaient de très grands voleurs et de vrais brigands. Ils sortaient avec les femmes d’autrui. Mais Kerdandi dont sa maman est venue étant enceinte, aimait beaucoup Daba. Avant de mourir, Daba lui dit : «  Comme c’est toi qui t’occupes de moi, malgré que tes frères disent de toi que tu es Musey, voici je vais mourir. Je te prie d’aller ramasser les petits poissons qu’on appelle Dakna à la rivière. Tu verses cela sur ma tombe, car tes enfants seront nombreux comme ces petits poissons. » Kerdandi  est donc allé faire exactement comme il lui était demandé. Il se maria et chaque fois qu’il mettait son pénis, il avait un enfant, il mettait son pénis, il avait un enfant. Il eut alors une très grande descendance. Kerdandi eut KOUMTOING de Noulda avec sa première femme. A Gaouyanga, ils sont trois : Hourkassam, Hlamdoing et Hindoing. A Wena, ils sont une sixaine et à Namaïna une sixaine et à Douseye trois ou quatre. Je ne connais pas les noms, car je suis encore jeune. Je dis ce que mon père m’a raconté.

Voici l’histoire de Noulda : Koumtoing, sa mère est de Maïda. Elle est sorcière et voleuse. Elle s’en va chez ses parents voler leurs bœufs et donner à son mari ; puis elle vole les bœufs de son mari pour donner à ses parents. C’est pourquoi elle a été répudiée et par conséquent elle est rentrée chez ses parents. Avec le fruit de son vol, elle épousa une femme à son fils. Koumtoing engendra Dakdandi, Libi et Damaïsséla. Libi, sa descendance c’est là où nous sommes à Yerdeng. Dakdandi, sa descendance va vers la Mission Catholique de Djougumta[1], continue jusqu'au bord de l’eau (Voro) et se prolonge jusqu’à la ferme.

La généalogie de Yerdeng : Koumtoing engendra Libi. Libi engendra Massargamma, Mounoundandi, Touksoungatou et Loptoing quatre enfants. Les Fils de Loptoing ce sont les Maïgué qui sont de ce côté nord. Ceux de Massargama ce sont les Gangsisséla et Saïamkréo (les fils de Djonyala et Ladandi) au centre, ceux de Touksoungatou ce sont les Ngarsiala, à l’Est et ceux de Mounoundandi sont les djangal et Voudsela de ce côté du Sud.

Masargamma engendra disela, barambé, ladandi et Djonyala, quatre fils.

Djonyala engendra Matkassam et Saïamkréo. Diséla engendra Gangsiséla et Blakliya sans comper Hopdomo et Hlassou qui sont morts. Barambé est mort sans enfant. Ladandi engendra Vounsikreo, Dinamkreo, Toto, Teoussou. Nous sommes maintenant leurs fils, n’est-ce pas ?"

 



[1] Ils disent Kut serda, mot à mot : en bas de la sœur ; le nom serda ou sœur renvoie aux religieuses catholiques ou sœurs catholiques. Certains diront Vo pera, chez le père. Il semble qu’au départ de la mission, il n’y avait qu’une seule religieuse dans son camp et un prêtre dans son camp, le pluriel de serda étant séreina et péreina pour pera.

5- LES MUSEY

Les Musey sont en majorité les descendants des Guisey et Domo. D’autres comme les Polgué sont issus des Massa Bugudum, tandis qu’une partie de Djelmé est originaire de Daba du Tchad et une autre est rattachée aux Walia du Canton de Bangana.

Le clan Domo peuple à ce jour la partie Sud-ouest Musey tout précisément à Gounou-gaya. Les mythes expliquent leur départ de Domo-zomi et Guisey de la manière suivante :

« Celui de Domo est parti de là-bas de Domo Zomi. Il s’était disputé avec son frère Guisey au cours de la pêche de la rivière Siwli. Il avait attrapé un capitaine avec son filet, son frère Guisey le lui a arraché et ils se sont battus. Celui de Domo a dit : Je suis un enfant né sur cette terre. Mon frère m’a fait du tort. Je vais aller me perdre en brousse »

Il partit avec l’un de ses amis jusqu’au bord de la Kabia. Dans l’actuel Canton de Gobo habite la descendance de PEE suite certainement à la dispersion de ce groupe comme signalée précédemment. On retrouve une partie dans l’Arrondissement de Guéré : NGUERING d’origine Dahaw, c’est-à-dire Holom. Les mythes de fondation sont précis à ce niveau. Des recherches ultérieures sont en vues, par conséquent je me réserve un tout petit peu.

 

II- LES LIGNAGES MASSA DU TCHAD

 Ici, ce qu’il y a à noter c’est que selon la tradition orale, les massa se sont infiltrés premièrement au Tchad à partir de trois points :

- A hauteur de Malam, dans le canton Koumi, l’ancêtre donna naissance aux groupes Goumay. Au sud, vers la zone Bongor et Nahayna nous enregistrons les groupes Daŋay, Tugu et Giré.

En résumé, les Massa au Tchad se divisent en quatre groupes principaux :

- Les Gumay au nord de Bongor jusqu’à Guelendeng ( cantons de Koumi, Toura, Magao

- Les Daŋay autour de Bongor (Canton de Bongor et Tougoude)

- les Haara au Sud de Bongor (Canton de Tougoude)

- Gire au Sud des Haara (Canton de Tougoude)

Ceux-là seront rejoints par les Telemé du Cameroun qui donneront naissance au Canton du même nom. Ils sont les descendants des Walia du Cameroun.

Ce sont ici les ancêtres qui les premiers s’installèrent au Tchad autour du Logone. Tous les clans massa du Cameroun émergeront d’eux pour occuper l’actuel territoire du Mayo-Danay.

 

a) LES LIGNAGES DAÐAY DE GOUNOU-GAYA

 

BOÐOR

 

BoÉor est venu du pays Wina. Ses ancêtres habitaient le pays Wina. BoÉor signifie “chien qui aboie derrière la case”. C'est comme ça. Dans le passé, BoÉor est venu sur une île flottante. (Alors qu'il) Il s'était jeté dans l'eau ; il vit un grand tas d'herbes qui flottait, il nagea et y monta. Longtemps, il se laissa transporter. Et voilà qu'un varan était tout près de lui sur l'île. Il lui faisait des signes, mais le varan ne partait pas. BoÉor se laissa transporter longtemps. Autrefois, dans le fleuve, il y avait des crocodiles, des hippopotames, des pythons, de grands serpents. BoÉor passa à côté des crocodiles, des hippopotames et rien ne lui arriva. Même les crocodiles ne l'attrapèrent pas. Il flotta pendant longtemps, il passa la nuit à flotter. Arrivé dans le lieu dit Dumarra, l'île s'arrêta sur le rivage. Le varan s'enfuit en courant sur un îlot. L'homme monta sur la berge. Et voilà qu'il y avait là des maisons en grand nombre. C'étaient les habitations des Gizede. Ceux-ci l'accueillirent chez eux. Ils habitaient des villages fortifiés, et des jeunes guerriers montaient la garde. Les Gizede étaient nombreux dans la région, jusqu'à GoloÉtugu. Les Golo avaient leurs habitations entre GoloÉtugu et Baburuker. Les Miyogoy étaient établis entre Rasa et Bere. C'était l'endroit occupé par leurs habitations. Les Kayna se trouvaient entre Bolo et Tugude. Les Ha'su se trouvaient à Kumay, près du marigot appelé Kumay. Autrefois les Kargu, les Poydi, les Hurey, les Gomorey, les Tugude étaient établis au Nord. De l'autre côté du fleuve, il y avait les Bugudum et les Waliya ; au Nord de ces derniers, il y avait les Maraw, les Muluwi et les Muzuk. Gizede donna une de ses filles [en mariage] à BoÉor, qui se multiplia. Les Golo et les Gizede se mirent à les maltraiter : ils prenaient leur bétail par la force, les insultaient, les traitaient en esclaves. Mais [les BoÉor] devenaient nombreux, se multipliaient : Jah, Sile, Bere, Giza, Zulge, Doro¸o, Zulo, Wula, VagaÉa bâtirent leurs demeures dans l'endroit où l'‘on trouve actuellement les gendarmes, jusqu'à Sile. Cela est leur ancien établissement. Wula se fixa à Marsi.

Des hôtes vinrent chez les Gizede. Par la force, ces derniers s'emparèrent des chèvres des BoÉor et les tuèrent pour leurs hôtes. Ainsi, peu à peu, les BoÉor furent marginalisés, insultés, méprisés et maltraités par les Gizede. Les BoÉor avaient un génie appelé Zeleme, le génie du varan, qui les protègeait chez eux et dans la brousse. Ils allèrent auprès de lui, s'agenouillèrent devant lui. Ce génie appelé Zeleme s'empara d'une femme. Ils se présentèrent donc devant leur génie Zeleme ; c'est un génie très méchant. Avant d'aller le consulter, ils avaient collecté du tabac, des graines blanches. Ils en préparèrent en grande quantité. Ils y ajoutèrent des œufs. Ils allèrent s'agenouiller devant lui, ils allèrent s'agenouiller devant lui. [Le génie] se manifesta dans un bruit assourdissant. Ils crièrent : « Barka ! » Ils crièrent : « To¹o! To¹o! » Le génie se manifesta dans un bruit assourdissant. Ils crièrent : « To¹o ! To¹o ! To¹o ! Grand-père ! Grand-père ! » Le génie leur demanda : « Petits-enfants, qu'est-ce qui vous fait souffrir ? » Ils répondirent : « Nous avons beaucoup de souffrances. » Il leur dit : « C'est vrai, pourquoi s'emparent-ils de votre bétail par la force ? » Le génie faisait un grand bruit, puis il leur dit : « Qu'est-ce que vous voulez ? » Ils lui répondirent : « Nous voulons combattre. Nous voulons faire la guerre. »



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