Bonjour à tous,

Je me permets de vous proposer dans ces pages quelques unes de mes "productions". Il vous est loisible de les lire et de les commenter.

"Mini nouvelles" reprendra des textes courts sur des thèmes variés, une sorte de "pause-café" pour ceux qui aiment les lectures rapides.

Par facilité, je posterai le week-end et vous informerai ici des nouveautés.

Nouvelle publication du 17/09/2016 dans "Mini nouvelles" : "Vacances et plus si affinités"

Nouvelle publication du 10/06/2017 dans "Mini nouvelles, suite" : "Rite et mérite"

Nouvelle publication du 04/03/2017 dans "Tranches de vie" : "Débordée !"

Nouvelle publication du 21/01/2017 dans "Fable" : "Avent"

Nouvelle publication du 22/04/2017 dans "Réflexions" : "Et si..."

Nouvelle rubrique : "Belgicismes" : Lettre T (partie 6) (mise à jour le 31/05/2014)
 
Nouvelle page du 06/05/2017 : "Tout est permis"

Nouvelle page du 13/05/2017 : "Amour très net"

Nouvelle page du 27/05/2017 : "Le jardin"





Crée le 14/09/2013
Prénom : Delphine
Ville : Mouscron

Sites préférés :
Aucun site préféré

Échanger :
Ajouter à mes amis Ajouter à mes amis
Ajouter à mes préférés Ajouter à mes préférés
Envoyer un message Envoyer un message

Des vents et des grains

Image du site plumedecouscous

Dans le désert chaud du Sahara, un sirocco naît. Il enfle, emportant avec lui des grains de sable dorés. Il se dirige vers la méditerranée, et tel un voyageur sans papier, entame sa traversée vers la France.

C’est mardi aujourd’hui et il fait particulièrement chaud et lourd dans la voiture de Pierre. Il faut dire qu’elle n’est plus de prime jeunesse. La climatisation n’était alors qu’une option de luxe inabordable pour le portefeuille de ce jeune comptable. Il desserre sa cravate repassée soigneusement la veille. Il déteste avoir l’air débraillé mais il suffoque dans son costume. Il ne se rend pas à une fête ou au restaurant. Il va simplement travailler, c’est sa tenue journalière, même s’il est le seul à avoir opté pour ce look strict dans le cabinet qui l’emploie. Il augmente la puissance de la ventilation d’air qui ne pulse que des bouffées chaudes.

Face à lui, le sirocco se meure et s’engouffre dans un dernier souffle sous la voiture, amenant ses passagers clandestins dans le système de ventilation dont le filtre s’apparente à un gruyère. Pierre reçoit en plein visage quelques grains de sable dont un vient se loger dans son œil droit. Aveuglé quelques instants et privé d’une vision en trois dimensions, il se rapproche un peu trop du vélo qu’il dépasse pourtant lentement. Ce dernier, percuté par le rétroviseur, perd l’équilibre et chute sur le bord de la route. Pierre, paniqué, s’arrête un peu plus loin pour s’enquérir du sort de sa victime. Le conducteur du VTT est déjà assis et se tient la jambe. Pierre se précipite :

« Je suis désolé Monsieur. Comment allez-vous ? Rien de cassé ? 

- Monsieur ? Vous avez un sacré problème de vue mon cher ! »

            Surpris de cette réponse, Pierre observe attentivement le visage légèrement grimaçant et lui découvre des attributs féminins à l’opposé de ce que ses cheveux blonds coupés courts et sa tenue sportive sombre lui inspiraient de prime abord. En croisant son regard bleu, un petit frisson lui parcourt l’échine.

« Oh pardon, Madame.

- Mademoiselle ! »

            Pierre est un peu surpris de la réactivité de son interlocutrice qui l’interroge :

« Vous m’aidez à me relever ou dois-je attendre ici que vous reculiez pour m’achever ? »

            Il soulève le corps frêle de la cycliste. Elle vacille en tentant quelques pas hésitants avec le soutien du bras de Pierre, avant de rendre un verdict :

« Apparemment, rien de cassé mais j’ai la cheville qui flotte et de moches écorchures aux bras et aux jambes. Vous me conduisez à l’hôpital ou je fais du stop ? 

- Euh … je me rendais au travail.

- Moi aussi mais je ne suis plus trop en état … un peu à cause de vous. Je ferai un mot pour votre patron si vous voulez. Vous pourriez embarquer mon vélo dans votre coffre car si je le laisse ici, je ne pense pas le retrouver à mon retour. »

            Après avoir aidé la jeune femme à s’installer dans la voiture, Pierre tente de faire entrer la bicyclette à l’arrière du véhicule. Impossible de fermer complètement le coffre mais un bout de ficelle tombe à pic pour solutionner le problème. Il s’arrête devant l’entrée des urgences.

« Je vais chercher une place de parking et je vous rejoins.

- N’en profitez pas pour vous enfuir avec mon vélo, hein ? »

            Pierre observe sa passagère claudiquer vers la porte automatique. Il se dirige ensuite vers le parking bondé. Un coup de chance, une voiture quitte une place.

            La salle d’attente est quasi vide. Pierre s’assied à côté de la jeune femme, sort son GSM et appelle le bureau.

« Allo, patron. C’est Pierre. Je suis à l’hôpital.

- Tu as eu un accident. Pas trop grave, j’espère.

- Oui et non.

- Quoi ?

- Oui, j’ai eu un accident. Et non, ce n’est pas grave. Je n’ai rien.

- Tu reviens tout de suite alors ?

- Pas vraiment. On attend notre tour aux urgences.

- On ?

- Oui, je suis avec …. »

            Pierre se rend compte qu’il ne connaît pas le prénom de sa voisine. Il lui demande :

« Comment vous vous appelez ? »

            D’un air malicieux, la jeune femme répond :

« Je pense que j’ai eu un choc à la tête car je ne m’en souviens plus. »

            Pierre l’observe, dubitatif quant à la véracité de ses propos, avant de reprendre la conversation avec son chef.

« J’ai renversé un cycliste …

- D’accord. Tiens-moi au courant. »

            Il raccroche et se tourne vers l’amnésique.

« C’est vrai que vous ne connaissez plus votre  identité ?

- C’est plutôt vous qui ne connaissez pas les bonnes manières. Pourquoi donnerais-je mon nom à un parfait inconnu ?

- Je vois. Je m’appelle Pierre Laroche, comptable. »

            Et il lui tend la main avec un sourire franc. Elle la serre en énonçant :

« Sandy Desvents, cycliste malchanceuse, victime de Pierre le comptable.

- Je suis désolé mais j’ai été aveuglé.

- Par  ma beauté ! Mais j’étais de dos …

- Non, par un grain de sable dans l’œil.

- J’ai eu de la chance qu’il vous restait l’autre œil sinon vous ne m’auriez pas frôlée mais carrément écrasée.

- Vous exagérez … »

            À ce moment, une infirmière appelle le suivant. Sandy se lève avec Pierre sur les talons. Ils sont invités à prendre place dans le bureau des admissions.

« Qu’est-ce qui vous amène ? »

            Sandy prend la parole d’un ton sûr.

« Nous sommes mariés depuis cinq ans. Lors d’un jeu sexuel, il m’a attaché au pare-choc arrière de la voiture. Le souci, c’est que, ce matin, il a oublié de me détacher avant de partir au boulot. Moi, je m’étais endormie. Il m’a donc traînée sur quelques mètres avant d’entendre mes cris. Et voilà le résultat : des écorchures et une cheville vrillée. »

            L’infirmière affiche une mine circonspecte et se tourne vers Pierre, avec un air étonné et amusé. Décontenancé, ce dernier jette un regard d’incompréhension à l’affabulatrice avant de protester :

« Ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. Pourquoi vous racontez ça ?

- Ah ? Cela ne s’est pas passé ainsi ?

- Non, je vous ai renversée … vous étiez en vélo et ... »

            Sandy se tourne vers l’infirmière.

« Bon. Vous avez  une seconde version. Choisissez celle que vous préférez mais le résultat est le même. Si vous pouviez me soigner maintenant. »

            L’infirmière les amène dans une salle d’auscultation où ils sont invités à patienter. Pierre rumine avant de demander :

« Pourquoi avez-vous inventé cette drôle d’histoire ?

- J’aime bien ajouter un grain de folie dans mon train-train quotidien. Et vous ?

- Ma vie est réglée comme du papier à musique. Chaque jour, je me lève à 6 h 30, déjeune toujours avec du café et trois tartines beurrées pour ensuite me rendre dans la salle de bain et enfiler mon costume. Je pars à 7 h 45 pour arriver à 8 h au boulot. A midi j’achète toujours mon sandwich chez Cass’graine. Je termine à 17 h précises, rentre chez moi à 17 h 15. Le souper, c’est toujours à 19 h 30 en regardant le JT. Extinction des feux à 22 h. Les courses, c’est le samedi matin, la lessive le dimanche après-midi. Chaque année, je passe mes vacances dans le même camping.

- Houlala ! Pas beaucoup de place pour la folie là-dedans. Vous ne vous ennuyez jamais ?

- Non. Je me sens bien ainsi. Et vous ?

- Je suis professeur d’art. Je déteste qu’une journée ressemble à une autre. Je fais mes courses quand mon frigo est vide, je lance une machine quand je n’ai plus de petite culotte propre. Les vacances, c’est sac à dos et autostop. Je ne sais jamais où je vais atterrir. J’apprends à mes élèves à être créatifs et originaux. Je peux vous enseigner si vous voulez. »

            À ce moment, le médecin entre. Il désinfecte et panse les plaies. Après quelques manipulations de la cheville de Sandy, il lui pose une attèle souple. Une ordonnance et ils peuvent repartir. Pierre lui demande :

« Où habitez-vous ?

- Vous allez vite en besogne dis donc …

- Mais je vais vous déposer avec votre vélo.

- J’avais oublié que vous étiez un gentleman. 12 Rue des Alizées alors. Y a-t-il possibilité d’y parvenir sans renverser quelqu’un ?

- Vous savez, c’est mon premier accident.

- Et il a fallu que cela tombe sur moi ! Je crois au destin et vous ?

- Je ne comprends pas bien …

- Si le destin nous a amenés à nous rencontrer, c’est qu’il y a une raison.

- Je suis cartésien et ne crois pas du tout au hasard.

- Ah, oui ? C’est votre côté comptable. Nous arrivons chez moi. »

            Pierre se parque devant la petite maison de rangée peinte en bleu et jaune. Pendant que Sandy ouvre la porte, il sort la bicyclette du coffre et la dépose dans le couloir de l’entrée. Sandy l’invite à boire un verre.

« Mais je suis déjà très en retard.

- Un peu plus ou un peu moins. Ce n’est pas la fin du monde. Faites une entorse à votre train-train pour vous faire pardonner d’avoir été à l’origine de celle de ma cheville.

- Vous êtes déroutante. Bon … j’accepte. Mais quelques minutes. »

            Il entre dans le salon encombré de bricoles de toutes sortes, de décorations hétéroclites, de piles de livres, de toiles et de tout l’attirail de l’artiste peintre. Des vêtements sèchent un peu partout. Un vrai capharnaüm.

« Comment arrivez-vous à vivre dans un tel bazar ?

- Quel bazar ? Non, c’est relativement rangé aujourd’hui.

- Là, c’est moi qui pourrais vous enseigner quelque chose.

- Chiche ! Je vous propose un deal. Vous m’apprenez des notions de rangement et d’organisation et je vous enseigne à être plus cool.

- Euh … vous me trouvez coincé ?

- C’est peu dire. Vous êtes seul depuis combien de temps ? »

            Pierre rougit en énonçant :

« C’est plutôt personnel.

- Donc cela fait longtemps.

- Comment pouvez-vous le savoir ?

- Intuition féminine. Alors, marché conclu ?

- Je n’ai rien à perdre. Marché conclu. »

            En partageant un verre de jus de fruits, les échanges vont bon train. Sandy conclut : 

« Alors, on se donne rendez-vous ce soir chez vous ? En tout bien tout honneur, bien sûr. N’allez pas vous imaginer des choses !

- Je l’avais bien compris ainsi. J’habite au 33 rue de la Montagne.

- Je passerai vers 17 h 30. »

            A 17 h 15, Pierre se rafraîchit le visage dans l’attente de son invitée. Celle-ci débarque un peu avant 18 h ; ce qui agace notre comptable qui le lui fait remarquer sur le seuil de la porte.

« Vous n’êtes pas très ponctuelle !

- Je ne connais pas ce mot. Comme vous n’êtes ni médecin, ni avocat, je ne me suis pas sentie tenue à un timing précis. Cela signifie-t-il que vous refusez de me laisser entrer ?

- Non. Allez-y »

            En la suivant, Pierre remarque qu’elle a adopté une tenue toute autre que ce matin. Un top bouffant rose surplombe un pantalon large beige, lui conférant un air décontracté. Sandy découvre un intérieur digne d’une maison modèle d’exposition. Il n’y a quasi pas de décoration, chaque objet est à la stricte place qui lui est dévolue. Les murs blancs et gris renforcent la froideur de la grande pièce qui sert de salle de séjour. Sandy est invitée à prendre place dans le canapé en cuir noir aux accoudoirs élimés, qui ajoute une touche de morosité à l’ensemble.

« Je suis désolée de vous l’annoncer mais votre intérieur est totalement déprimant.

- Il me ressemble. Sobre, clair et fonctionnel.

- Vous vous définissez comme fonctionnel ? Je suis curieuse de savoir ce que cela donne dans votre intimité Et à part comptabiliser, qu’avez-vous comme hobby ?

- Je fais des puzzles et je lis des polars.

- Quel jour ?

- Le dimanche matin.

- Je blaguais … mais en fait vous avez même un jour prédéfini pour ça ! C’est un peu inquiétant.

- Non, c’est rassurant. 

- N’avez-vous rien d’autre à enfiler que votre costume ?

- Si, mais je souhaitais rester présentable pour vous recevoir.

- Oh. Je ne me formaliserai pas. Personnellement, j’adore sauter dans mon pyjama après ma journée de travail. Ne vous gênez pas pour moi. Là, j’ai l’impression d’être au restaurant et que vous attendez ma commande. Allez vous changer. »

            Pierre se rend dans sa chambre et reviens quelques minutes plus tard avec un jean et un T-shirt d’un blanc immaculé. Sandy s’exclame :

« C’est déjà mieux. La prochaine étape sera de vous faire adopter le modèle délavé avec  un marcel multicolore. En attendant, je voudrais vous faire découvrir un nouveau hobby. J’ai emporté un peu de matériel. »

            Sandy ouvre son sac à dos et en extrait une palette, des pots de peinture, des pinceaux et une petite toile vierge. Sur ses conseils avisés, Pierre tente ses premiers coups de pinceaux. Le résultat n’a rien d’un chef d’œuvre mais il est fier de l’accrocher au mur du salon, lui apportant enfin une touche colorée.

            L’estomac de l’artiste en herbe commence à émettre de francs gargouillis qui amusent Sandy.

« Ne me dites pas qu’il est 19 h 30 ?

- Si.

- Même votre corps est réglé comme une horloge ! Allons diner dehors.

- Je n’envisage cela que le samedi soir, pas la semaine.

- Vous m’avez confié la tâche de vous encanailler. Alors, on y va ?

- Je vais me changer alors.

- Pourquoi ? Ne me dites pas que vous comptez remettre votre tenue de comptable ?

- Mais nous sortons ….

- Vous êtes parfait ainsi. C’est parti. »

            Un peu perplexe, Pierre suit la jeune femme qui l’amène jusqu’à une petite pizzeria quelques rues plus loin. Avant d’entrer, elle lui demande :

« Etes-vous déjà venu ici ?

- Non. Jamais. Je vais d’habitude au snack près de chez moi.

- Impeccable. »

            Ils s’installent à une table exempte de carte des menus. Sandy apporte une explication : 

« Ici, on est obligé de prendre le plat du jour. C’est toujours une surprise et ça évite la monotonie. Ainsi, on découvre des plats qu’on n’aurait jamais osé goûter. »

            Ils se régalent. À la fin, Pierre cherche son portefeuille et remarque avec confusion qu’il l’a oublié dans la poche de son costume.

« Je suis désolé. Attendez ici, je vais le chercher.

- Vous voulez me laisser en gage ? Mais vu l’état dans lequel vous avez mis ma carrosserie ce matin, je ne pense pas qu’ils seront d’accord. Bon, restez là. Je vais négocier avec le patron. »

            Sur ce, Sandy se lève et se dirige vers le bar. Elle discute longuement avec un gros italien aux cheveux gras et revient.

« Suivez-moi. »

            Pierre est invité à entrer dans la cuisine. Sandy lui colle un essuie dans les mains et commence la plonge.

« C’est une façon originale de payer l’addition.

- Avec un peu d’imagination et un bon sens de la négociation, on arrive à beaucoup de choses vous savez … et dans de nombreux domaines.»

            Après une demi-heure de bons services, ils sont quittes et peuvent rentrer. Sandy consulte sa montre.

« Il est presque 22 heures. Pouvez-vous me reconduire sans vous endormir au volant ? »

            Pierre se met à rire en lui prenant la main.

« Ne vous en faites pas.

- Je trouve que ces petites mésaventures nous ont suffisamment rapprochés pour envisager de nous tutoyer. Non ?

- Tu as raison. Surtout que mon apprentissage n’est pas terminé et que je dois t’apprendre la notion de rangement. »

            Pierre dépose Sandy devant chez elle. Elle lui envoie un signe de la main avant de rentrer dans l’immeuble. De retour dans ses pénates, le jeune homme voit l’horloge afficher 22 h 31. Il ne s’était pas couché si tard depuis longtemps. Allongé sur son canapé, il ferme les yeux et l’image de la jeune artiste peintre flotte dans son esprit. Un sourire naît au coin de ses lèvres et il s’endort paisiblement sans même penser à enfiler son pyjama.

            Depuis ce jour, Sandy changea peu à peu le quotidien morose de Pierre. Ses murs prirent des couleurs et ses costumes furent relégués dans le grenier. Il visita de nouvelles régions, et contempla même le désert du Sahara, sac sur le dos et la main de Sandy dans la sienne.

            C’est ainsi qu’un grain de sable a fait entrer un grain de folie dans sa vie aux rouages si bien huilés.

           

  



[ Ajouter un commentaire ajouter un commentaire ]       [ Aucun commentaire aucun commentaire pour le moment ]


Vous pouvez me joindre par mail  : shamballa63@yahoo. fr


Rejoignez la page Facebook de mon roman :

https://www.facebook.com/pages/Jambe-en-lair/336791866442428


N'hésitez pas à partager mon blog avec vos amis via Facebook, twitter ou autre en copiant le lien

www.yagoa.fr/plumedecouscous


Une petite vidéo pour me découvrir :




A bientôt !