Bonjour à tous,

Je me permets de vous proposer dans ces pages quelques unes de mes "productions". Il vous est loisible de les lire et de les commenter.

"Mini nouvelles" reprendra des textes courts sur des thèmes variés, une sorte de "pause-café" pour ceux qui aiment les lectures rapides.

Par facilité, je posterai le week-end et vous informerai ici des nouveautés.

Nouvelle publication du 17/09/2016 dans "Mini nouvelles" : "Vacances et plus si affinités"

Nouvelle publication du 10/06/2017 dans "Mini nouvelles, suite" : "Rite et mérite"

Nouvelle publication du 04/03/2017 dans "Tranches de vie" : "Débordée !"

Nouvelle publication du 21/01/2017 dans "Fable" : "Avent"

Nouvelle publication du 22/04/2017 dans "Réflexions" : "Et si..."

Nouvelle rubrique : "Belgicismes" : Lettre T (partie 6) (mise à jour le 31/05/2014)
 
Nouvelle page du 06/05/2017 : "Tout est permis"

Nouvelle page du 13/05/2017 : "Amour très net"

Nouvelle page du 27/05/2017 : "Le jardin"





Crée le 14/09/2013
Prénom : Delphine
Ville : Mouscron

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Tendresse


Image du site plumedecouscous

 

            J'ai douze ans et une chanson passe sur les ondes émises par l'imposante radio de la cuisine. Avec ses deux gros boutons de chaque côté et sa bande des ondes, elle ressemble à une tête intrigante. Lorsque j'étais petit, je pensais toujours qu'elle m'observait lorsque je piquais un morceau de sucre dans l'armoire.

 

 

Les paroles m’interpellent car Bourvil nous chante qu’il est possible de vivre sans argent, sans gloire mais pas sans tendresse. Je m’approche de Maman qui porte son éternel tablier à la taille, toujours maculé de taches diverses. Elle me prend par l'épaule et me serre contre elle, tout en remuant les pois de suc dans la casserole. Une douce chaleur m’envahit et un sentiment de bien-être fait naître un sourire sur nos deux visages. Nul besoin de parler. J’ai pourtant envie de la remercier pour toute l’attention qu’elle m’a portée depuis ma naissance. Elle fait partie de ces mamans tendres qui font des gâteaux et des petits plats pour régaler sa famille, qui écoutent et consolent, qui protègent et aiment. Je me souviens du jour où Papa m’avait puni pour m’être bagarré dans la cour de récré et être revenu avec la chemise en lambeaux. « Tu montes te coucher sans souper ! » avait-il crié. C’est vers vingt-deux heures que Maman m’a apporté quelques tartines beurrées et saupoudrées de cassonade en me demandant : « J’espère que tu as gagné au moins ! ». Comme je fus fier de raconter comment j’avais pris le dessus sur le gros Didier.

 

            Ma vie d’adulte prend forme peu à peu. Je quitte mes parents pour emménager dans un petit appartement. Tout en prenant mon premier repas, préparé seul et avalé de la même façon, une vieille chanson flotte dans l’air, provenant du poste de télévision de la voisine obèse qui se balade toute la journée en peignoir rose élimé, les bigoudis dans ses cheveux grisonnants.

 

 

Brel nous dit que l'on donnerait tout ce que l’on possède pour un peu de tendresse. Ce besoin est présent en nous depuis notre arrivée sur terre. Ainsi va la nature humaine ! Certains hommes en arrivent à mettre la main au portefeuille pour acheter quelques moments de douceur avec une inconnue, souvent experte en la matière. J’espère ne pas devoir en arriver là ! De toute façon, je n’en ai pas les moyens. Mon patron n'est pas un tendre, lui, et il me paie au lance-pierre.

 

            Me voilà dans ce bal où un 45 tours d’Elvis est posé sur la platine. Des craquements se font entendre avant que la musique se répande dans la salle. Depuis le début de la soirée, j’observe une jeune femme à la longue chevelure brune et aux petites taches de rousseur sur le nez. Ses longs cils affinent un regard noisette. Je me décide enfin à lui tendre une main et lui adresser mon sourire le plus doux. Elle accepte les deux et nous voici, à ma plus grande joie, enlacés tendrement. Le King semble s’occuper de faire une déclaration à ma place. Je serais bien incapable de rivaliser, avec ma voix de canard enrhumé.

 

 

            Nous nous sommes régulièrement revus et avons fini par nous marier. La photo traditionnelle prise dans le parc communal trône sur notre téléviseur, qui a est passé du noir et blanc à la couleur. Nous avons eu deux enfants, les plus beaux du monde, et je suis impartial ! Ils ont fait notre bonheur, sans éviter quelques petits malheurs comme un bras et une dent cassés en tombant de vélo ou encore une appendicite lors de nos vacances en Espagne. À l’image de mes parents, je suis un papa tendre. Quelle joie de les tenir dans mes bras, consoler les petits et gros bobos.

Et, chacun à leur tour, ils ont quitté le nid. Nous sommes de nouveau à deux dans la maison. Plus deux jeunes tourtereaux mais toujours amoureux. Je peux caresser les fesses de mon épouse et la dégrafer sa blouse sans devoir vérifier si un enfant rôde. Notre fils nous a offert l’intégrale de Daniel Guichard.

 

 

Nous adorons écouter sa chanson sur la tendresse en restant enlacés, le regard rivé sur nos albums photos. Il semble parler de nous et de notre histoire.

 

            La tendresse a inspiré des troubadours, des poètes et des chanteurs, sûrement bien moins que l’amour, alors qu’elle est tout aussi essentielle. Et si les combattants décidaient de prendre leurs opposants dans leurs bras, si le chasseur regardait dans les yeux de sa proie ? Un peu de douceur dans un monde de brutes, s’il-vous-plaît ! Vous me direz : « Avec des si, on mettrait Paris en bouteille ! ». Mais quand je regarde les informations, j’ai parfois envie de crier : « Et la tendresse, bor… ! ».



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