Bonjour à tous,

Je me permets de vous proposer dans ces pages quelques unes de mes "productions". Il vous est loisible de les lire et de les commenter.

"Mini nouvelles" reprendra des textes courts sur des thèmes variés, une sorte de "pause-café" pour ceux qui aiment les lectures rapides.

Par facilité, je posterai le week-end et vous informerai ici des nouveautés.

Nouvelle publication du 17/09/2016 dans "Mini nouvelles" : "Vacances et plus si affinités"

Nouvelle publication du 10/06/2017 dans "Mini nouvelles, suite" : "Rite et mérite"

Nouvelle publication du 04/03/2017 dans "Tranches de vie" : "Débordée !"

Nouvelle publication du 21/01/2017 dans "Fable" : "Avent"

Nouvelle publication du 22/04/2017 dans "Réflexions" : "Et si..."

Nouvelle rubrique : "Belgicismes" : Lettre T (partie 6) (mise à jour le 31/05/2014)
 
Nouvelle page du 06/05/2017 : "Tout est permis"

Nouvelle page du 13/05/2017 : "Amour très net"

Nouvelle page du 27/05/2017 : "Le jardin"





Crée le 14/09/2013
Prénom : Delphine
Ville : Mouscron

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Des vacances au poil !


Image du site plumedecouscous

 

            En quelques clics de souris, je réserve mes vacances au soleil de la Méditerranée. C’est sur un coup de tête après un coup de gueule avec mon patron que j’ai eu l’envie de me changer les idées pour un week-end. Mon réactionnaire de boss me reproche mes tenues un peu trop colorées à son goût. Tout le monde ne peut pas vivre en noir et blanc comme lui. Je lui ai expliqué que cela mettait un peu de gaité dans son entreprise terne et froide qui me fout le bourdon. L’horloge affichant dix-sept heures mit un terme à une conversation stérile, un vrai dialogue de sourds.

C’est ainsi que mon vol low cost atterrit le vendredi soir à Marseille. Un minibus me dépose devant l’entrée du club nommé l’Eden. Le chauffeur me lance :  

– N’attrapez pas froid, Mademoiselle, ce serait bien malheureux.

            Je lui adresse un petit sourire gêné, ne sachant s’il se moque de ma mini-jupe ou de mon débardeur échancré.            

À la réception du club, un homme attend derrière un comptoir. Il m’accueille avec ses dents blanches et le torse, qu’il a nu et musclé, bombé un peu à l’excès. Je crois que son patron tente de faire des économies sur les tenues des employés.

– Bonjour, Madame Dupique je présume.

– Tout-à-fait !

– Vous avez le bungalow « Chimpanzé ».

– Je me suis rasée pourtant ! Vos logements portent tous des noms d’animaux ?

– Oui, nous valorisons le côté nature et originel. Les animaux sont nos modèles.

– Je me sens plutôt vache à lait. Mais à un moment, le pis est vide !

– D’où vos vacances parmi nous ! Il y a une soirée espagnole dans notre bar privé, situé près de la plage. N’hésitez pas à aller en profiter. Voici votre clé. Vous sortez du bâtiment et c’est après le deuxième bananier à gauche. Bon séjour.

– Merci !

            Je tente de différencier les bananiers des autres arbres, n’étant pas spécialiste en horticulture, je mets un certain temps pour trouver mon logement d’autant plus que les lieux sont peu éclairés. Le bungalow « chimpanzé » est vaste et bien agencé. J’entends le son de la soirée espagnole. Ce sera idéal pour faire un peu connaissance avec mes voisins du week-end et pour me mettre dans l’ambiance. Un bon bain avant d’enfiler ma petite robe à fleurs. Un verre de sangria finira bien par me détendre totalement.

            Je me dirige à l’oreille et grâce aux quelques panneaux de bois avec un dessin de verre à cocktails. L’ambiance a l’air chaude car des applaudissements retentissent, mêlés d’éclats de rire. J’espère ne pas tomber comme un cheveu dans la soupe. Je pousse la porte en bambou et entre dans le bar éclairé par des centaines de bougies. La lumière est faible mais elle me permet tout de même de remarquer un détail, ou plutôt un point commun à tous les clients : ils sont complètement nus ! Même pas un petit caleçon, une petite culotte ou même une feuille, de bananier ou de n’importe quel foutu arbre alentour ! Des enfants d’Adam et Eve qui dansent le flamenco ou encore le paso doble. Les castagnettes côtoient les coucougnettes et les grands éventails rouges et noirs de ces dames aèrent des poils pubiens. Soudain, dans ma tête résonne la célèbre chanson de Pierre Perret. Il y en a en effet, des longs, des courts, des ridés, des pelés, des touffus, etc. bref pour tous les goûts. Du côté féminin, c’est un peu le même tableau : du rasage intégral, en passant par le ticket de métro jusqu’à la forêt vierge, du genre de celle qui doit receler une espèce encore inconnue d’insectes.

            Mon arrivée ne passe pas inaperçue car un petit groupe de dames âgées de la cinquantaine viennent à ma rencontre. L’une d’elle me demande :

– Vous êtes nouvelle ?

– Oui, je viens d’arriver.

– C’est la première fois que vous venez dans ce club naturiste ? 

– Disons que je ne savais pas que c’en était un ! Et il y a aussi des personnes… euh je veux dire avec des vêtements ?

– Des textiles ? Non, pas ici. On revendique tous la nuditude ! On va vous apoiliser ma petite, même si votre robe est bien mignonne.

– C’est affreux ! Moi qui suis si pudique.

– Mais le fait que nous soyons tous nus peut vous aider. Regardez, nous sommes sur un pied d’égalité, pas de différence sociale. C’est le pied, non ? Venez avec moi.

            Je suis ma guide naturiste jusque dans son bungalow tout proche. Elle m’invite à retirer ma robe, mon soutien-gorge. Pour la petite culotte, c’est plus difficile. Je termine donc face à elle dans mon plus simple appareil, les mains devant le pubis, les joues rouges et le cœur battant.

– Imaginez que vous reveniez à l’état sauvage, comme nos ancêtres du paléolithique, comme Lucie.

– Ils avaient tout de même des peaux de bête !

– Juste pour se protéger du froid. Mais ici, il fait plus de trente degrés, pas besoin d’autre couche que votre cuir. Maintenant, venez avec moi, on retourne au bar ! Faut vous détendre !

            Plus facile à dire qu’à faire. J’entre à  nouveau dans la gargote de la plage, derrière mon coach « nudité ». Elle m’amène au petit groupe de dames de tout-à-l-heure. Elles m’applaudissent et me félicitent de mon courage en m’offrant un grand verre de sangria que je bois cul-sec pour me remettre de mes émotions. Les verres vont s’enchaîner et je ne me souviens plus trop de la fin de la soirée.

            Le lendemain matin, je m’éveille dans mon lit, la tête dans un étau. Une douche me rafraîchit les idées. Je dois me rendre au buffet petit-déjeuner mais dans quelle tenue ? J’ai bien compris que les « textiles » comme ils disent, les gens habillés, ne sont pas bien vus par ici. C’est le règne du naturisme absolu. Cela m’apprendra à  réserver le premier club disponible sans en lire les spécificités.

            Je prends mon courage à deux mains et me dirige nue comme un ver vers le bâtiment principal. Dès mon entrée dans le salon, la dame d’hier soir vient à ma rencontre.

– Bien dormi ? Vous avez un peu abusé sur la sangria hier soir.

– Oui, je crois.

– Vous vous sentez plus à l’aise dans votre nouvelle tenue ce matin ?

– Cela reste tout de même difficile pour moi.

            Je prends mes croissants et mon café fort avant de m’installer avec ma nouvelle amie. J’apprends qu’elle a été miss nue en 1988 et qu’elle s’appelle Eve, prénom prédestiné. Tout en mangeant, j’observe les autres. Mais je ne peux empêcher mes yeux de tomber en-dessous de la ceinture et de constater que certains ont oublié la crème solaire sur des parties sensibles, les obligeant à grimacer lorsqu’ils s’assoient. Eve m’expose la philosophie des naturistes, les puristes, loin de l’image des voyeurs ou autres pervers. Elle me parle de randonue ou de zérokini, des concepts qui m’étaient jusqu’alors totalement inconcevables.

            Finalement, j’ai passé un superbe week-end, loin de tout complexe, de toute préoccupation de garde-robe et sans lessive à faire de retour au bercail. Le dimanche soir, étendue dans mon lit, je pense à ma journée de demain. Et si je me pointais totalement dévêtue au bureau, mon patron y verrait-il encore un argument pour me critiquer ? 



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