Bonjour à tous,

Je me permets de vous proposer dans ces pages quelques unes de mes "productions". Il vous est loisible de les lire et de les commenter.

"Mini nouvelles" reprendra des textes courts sur des thèmes variés, une sorte de "pause-café" pour ceux qui aiment les lectures rapides.

Par facilité, je posterai le week-end et vous informerai ici des nouveautés.

Nouvelle publication du 17/09/2016 dans "Mini nouvelles" : "Vacances et plus si affinités"

Nouvelle publication du 10/06/2017 dans "Mini nouvelles, suite" : "Rite et mérite"

Nouvelle publication du 04/03/2017 dans "Tranches de vie" : "Débordée !"

Nouvelle publication du 21/01/2017 dans "Fable" : "Avent"

Nouvelle publication du 22/04/2017 dans "Réflexions" : "Et si..."

Nouvelle rubrique : "Belgicismes" : Lettre T (partie 6) (mise à jour le 31/05/2014)
 
Nouvelle page du 06/05/2017 : "Tout est permis"

Nouvelle page du 13/05/2017 : "Amour très net"

Nouvelle page du 27/05/2017 : "Le jardin"





Crée le 14/09/2013
Prénom : Delphine
Ville : Mouscron

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BELGICISMES

Image du site plumedecouscous


Comme vous le savez, ou pas, je suis belge. Mais j’ai du sang français du côté d’un arrière grand-père et de ma grand-mère paternelle. Je pourrais solliciter la double nationalité mais est-ce bien utile dans une société où nous sommes censés devenir européens ?

Je suis originaire de Mouscron, près de la frontière française de la frontière linguistique. Nous sommes d’ailleurs dans une commune dite « à facilités », cela signifie que nous sommes, normalement, bilingues. Dans les administrations et les commerces, l’usage du français et du néerlandais ne doit poser aucun problème de compréhension. Enfin … ceci est théorique. En réalité, il est assez compliqué de trouver quelqu’un qui parle flamand (version locale du néerlandais), même dans les administrations. Et je suis bien placée pour le savoir car je suis fonctionnaire.

Je suis née dans cette ville de taille moyenne, j’y vis, j’y travaille et je vais sûrement y mourir. En effet, il y a un caveau familial qui m’attend. Je l’entretiens régulièrement car j’ai peur des araignées et suis allergique à la poussière !

Mes parents avaient des amis français, originaires de Lille. Lors de vacances passées chez eux, j’ai pu m’apercevoir que certaines expressions n’évoquent pas les mêmes notions d’un côté ou de l’autre de la frontière. Ainsi, ayant terminé ma boisson gazeuse, je demandais

« Où dois-je mettre la vidange ? ».

On m’a regardée d’un air intrigué.

« Ben oui, la vidange, c’est la bouteille vide mais qui est consignée. 

- La consigne donc ! Chez nous, la vidange se fait au garage, pour la voiture. »

Il y aussi les traditionnels « septante » et « nonante », utilisés en Suisse également. Le « déjeuner » que nous prenons le matin et que vous prenez le midi. Les « chicons » qui sont vos « endives ».

Je vous en exposerai d’autres au fur et à mesure de mes recherches (Google est mon ami !)

A bientôt.


Lettre A :

Abaisser (s’) : se pencher

Académique : solennel, universitaire, « le quart d’heure académique » désigne le retard d’un professeur avant un cours

Accises : impôt sur l’alcool, l’essence, les produits de luxe, etc.

A-fond : cul-sec

Aimer de faire quelque chose : aimer, aimer à

Ajoute (ou « rawette ») : ajout, annexe

Allez ! : mot multifonctionnel, ("Allez hein, te laisse pas aller," ou alors "mais allez, qui a fait ça ?") exprime parfois l’incrédulité.

A mac : en abondance

Américain : steak tartare

Amitieux : affectueux

Amusette : dissipé, prompt à jouer

A pouf : au hasard

Arranger quelqu’un : rouler quelqu’un

Arsouille : enfant espiègle

A.S.B.L. : Association Sans But Lucratif, équivalent d’une Association loi 1901 en France

Assez bien de : assez de, beaucoup de, pas mal de

Assiette profonde : assiette creuse

A tantôt : à tout-à-l’heure

Athénée : école secondaire de l’Etat

Aubette : abribus, kiosque

Auditoire : grande salle de cours ou de conférence

Au plus … plus que : plus … plus … (ex : Au plus on boit, plus qu’on a soif)

Auto-scooter : auto-tamponneuse

Avaloir : égout

Avant-midi : matinée

Avoir besoin quelque chose : avoir besoin de quelque chose

Avoir bon : avoir plaisir        

Avoir de bon : avoir droit à (« Combien avez-vous de bon de lui ? J’ai encore de lui un euro de bon »)

Avoir facile / difficile / dur : être facile / difficile pour moi

Lettre B

Babeler : bavarder

Babelute : sucre d’orge ou bavard

Bac : poubelle ou bac de bières

Baise : baiser affectueux

Ballotin : carton à pralines

Bande : voie de circulation

Baquer : verser, jeter

Barraque à frites : friterie

Bardaf ! : patatras !

Barrière Nadar : barrière Vauban

Bas-collant : bas, collant

Bassin de natation : piscine

Lait battu : babeurre

Bel-étage : rez-de-chaussée surélevé

Berdouille : boue

Berloquer : vasciller

Berme : Terre-plein central. En Belgique, la berme désigne l'espace qui sépare les 2 chaussées d'une autoroute. En France, la berme est un sentier étroit aménagé entre le pied d'un rempart et un  fossé ou encore entre une levée et un canal. 

Biesse ou biète : idiot

Biloute : appellation affectueuse, rendue célèbre par le film de Dany Boon

Bisbrouille : fâcherie, brouille

Bisser : doubler une classe

Biture : grosse cuite

Bleffer : baver

Bleu de : fou de

Blinquer : briller

Bloquer : étudier

Bobonne : Grand-Mère

Boentje : béguin

Boiler : chauffe-eau

Bomme : poutre de gym

Boudine : nombril, ventre

Boudoir : biscuit à la cuiller

Boule de Berlin : beignet à la crème

Bourgmestre : maire

Boyaux : intestins

Braire : pleurer

Brayette : braguette

Breyoû : qui a la larme facile

Bricaillons : gravats

Brol : désordre

Brosser : sécher les cours

Brusselair : bruxellois

Buse : échec à un examen

Mise en pratique :

« Chérie, enfile tes bas-collants. On sort manger chez les Vandeputte.

- Les brusselairs ? Je ne les aime pas trop. Elle n’arrête pas de babeler et elle est biesse. Et lui, il bleffe en mangeant. Je pense qu’il a un problème aux boyaux. Bêk ! Dis … je viens de blinquer mon vélo et la roue berloque. Tu peux la réparer.

- Demain.

- T’as plus le temps de rien depuis qu’t’es bourgmestre. Un jour, je pédalerai et patatras dans la berdouille ou les bricaillons !

- Pas de bisbrouille ! Je le ferai demain. On leur ramène un truc ? Un ballotin de pralines, des boules de Berlin, des babelutes ou des boudoirs ?

- Tu vas  leur donner et ils vont tout baquer. T’as parlé avec le gamin ? Il a encore brossé les cours jeudi. Déjà qu’il a bissé ! Il aura que des buses en fin d’année et il va braire que c’est pas de sa faute. Tu as vu le brol dans sa chambre ?

- Pendant les examens, on n’aura qu’à l’enfermer dans sa chambre. Il sera obligé de bloquer.

- T’as toujours de bonnes idées. Je suis bleue. Viens me faire une baise.

- J’ai toujours eu un boentje pour toi. Tant pis pour les Vandeputte. On va à la barraque à frites ?

- D’accord mais ferme ta brayette. »

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Lettre C

Caberdouche ou caberluche : café mal fréquenté

Cacaille : objet sans valeur

Cailler : peler de froid

Calotte : tape sur la tête

Cannibale : toast avec un tartare

Carabistouille : blague, mensonge

Caraboutchas : gribouillis

Carbonnades : ragoût de bœuf

Carnet : livret (d’épargne ou de mariage)

Carrousel : manège forain

Casserole : fait-tout

Castard : costaud

Ça va ? : D’accord ?

Cervelas ou chasseur : sorte de saucisse

Chamoisette : peau de chamois

Chançard : chanceux

Chatouiller : démanger

Chemisette : marcel, maillot de corps

Chicon : endive

Chienne : frange de cheveux

Chipoter : tripoter, hésiter

Chique : chewing-gum, bonbon

Choke : starter (démarrage de voiture)

Cliquoter : cliqueter

Clenche, clinche : poignée de porte ou maladroit

Clette ! Des clous !

Clignoteur : clignotant

Cloche : cloque ou empoté

Cloper : avoir peur

Commune : municipalité

Compte à vue : compte courant

Conséquent : important

Copion : antisèche

Cornet : paquet de frites

Coucouche panier ! : Va dormir !

Cougnou : coquille de Noël

Couillon : peureux

Commère : petite amie

Coupon : billet, titre de transport

Couque : biscuit, brioche

Coussin : oreiller

Crapuleux : crapule

Craquelin : pain au sucre

Crolle : boucle de cheveux

Crollé : bouclé

Cron, cronte : courbe, de travers

Croustillon : beignet

Cru : humide et froid

Cuistax : voiture à pédales, en usage à la côte belge

Cumulet : culbute, galipette

A la boulangerie :

« Bonjour M’me Gisèle. Un craquelin comme d’habitude ?

- Oui. J’ai vu que des gamins ont fait des caraboutchas sur ta façade.

- Ne m’en parle pas, j’en suis malade. J’ai essayé de frotter avec la chamoisette mais ça part pas ! Vous êtes allée faire un tour à la braderie de la commune ce week-end ?

- Oui. La petite a fait un tour de carrousel puis on a mangé des croustillons.

- Elle est mignonne avec ses crolles et sa frange.

- Bernard, il a préféré le caberluche pour aller raconter des carabistouilles avec ses cloches d’amis.

- Y’a que des clinches et des crapuleux là-dedans !

- La gamine et moi, on est rentrées et j’ai mis mes carbonnades à cuire. Bernard ne revenait pas alors je suis partie le chercher. Comme il faisait cru, j’ai voulu prendre la voiture. J’ai mis le choke. Elle a démarré mais quand j’ai allumé le clignoteur, elle a cliquoté et s’est arrêtée. Je suis partie à pied alors qu’il caillait. Je suis entrée dans le caberdouche. Y était là, tout cron au comptoir, en train de manger un cervelas et un cannibale. Je lui ai mis une calotte. Et tu sais ce qu’il me demande ?

- Non.

- Tirer des sous de mon carnet pour acheter un cornet ! Je lui ai répondu « Clette ! Viens, maintenant coucouche panier ! On rentre.»

- Et qu’est-ce qu’il a fait ?

- C’est un couillon, il m’a suivie. Mais il avait vidé notre compte à vue.

- Ah, ces hommes ! C’est un chançard de t’avoir, Bernard.

- Tu l’as dit. Ça me démange parfois de le mettre à la porte. Y’a qu’à trouver une autre commère. Mais quand il est en chemisette ou qu’il m’offre même une cacaille, je craque.

- L’amour !

- Mets-moi une couque et quelques chiques pour la gamine. Je te paierai la semaine prochaine ? ça va ? Je file. Mes chicons vont brûler. »

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Lettre D

Décalcariser : détartrer

Décumul : déclaration fiscale indépendante de chacun des époux

Déforcer : affaiblir

Déjeuner : petit déjeuner

Délibé : délibération

Demeurer : habiter

Dépôt d’immondices : décharge

Dessous de plat : sous plat

Détournement : déviation routière

Dia : diapositive

Dikkenek : frimeur, vantard

Dimanche : argent de poche

Dîner : repas du midi

Direct : directement

Disquer : couper à la scie circulaire portable

Divan : canapé

dix-heures : grignotage du matin

Djok : toilettes

Doigt blanc : panaris

Doubleur, euse : étudiant qui redouble sa classe

Douf : chaud, étouffant

Douffe : cuite

Drache : pluie forte et subite

Dracher : pleuvoir à verse

Dresse : vaisselier

Drève : allée campagnarde

Dringuelle : pourboire

Drinne : secousse électrique

Ducasse : fête du village

Duvet : édredon

Dzoum dzoum : cinglé

Au café :

« Salut Robert ! Où est-ce que tu demeures maintenant ?

- Près du dépôt d’immondices. On a emménagé la semaine dernière. Samedi, le camion de déménagement est arrivé peu après le déjeuner. Il faisait déjà douf. On a embarqué les cartons, le divan, les planches des meubles, etc. Comme ‘y avait la ducasse, on a dû suivre le détournement. Arrivés sur place, pas le temps de prendre un dix-heures ! Y a commencé à dracher. En déchargeant vite, je me suis blessé au doigt. Impossible de retrouver les pansements, alors j’ai mis mon mouchoir. Après, la dresse ne rentrait pas dans le couloir, alors j’ai dû la disquer en deux. Une fois tout à l’intérieur, j’ai donné une dringuelle au déménageur. Il était déjà midi. Un voisin est venu direct nous proposer de venir dîner chez lui. Pendant tout le repas,  il nous a soûlé avec sa piscine, ses vacances aux States, sa Mercedes, même ses dessous de plat étaient dorés … un dikkenek c’t homme-là !

- Je vois le genre.

- L’après-midi, on a commencé à s’installer. En voulant visser une ampoule, ma femme s’est pris une drinne. J’lui ai dit « T’es dzoum dzoum, faut éteindre l’interrupteur ! »

- Ah, ces bonnes femmes !

- Tu l’as dit. En revenant des djok, on a remarqué qu’il faudra sérieusement décalcariser. Il y avait carrément des stalactites dans la cuvette.

- Les anciens propriétaires étaient peut-être des spéléologues !

- Ouais ! Le soir, on était nases. Pas de branchement pour la télé, on a regardé des vieilles dias avant d’aller sous le duvet. Mais, en pleine nuit, j’ai dû aller aux urgences. J’avais un doigt blanc, j’ai dérouillé.

- Et ton gamin ? Il s’habitue ?

- Il aime bien promener le chien sur la drève, derrière la maison. Mais l’école, c’est une autre histoire. La délibé s’est mal passée, il est doubleur cette année. Alors, je ne lui donne plus de dimanche tant qu’il ramène pas un beau bulletin.

- Je te paie un verre ?

- Et même plus si tu veux. Ce déménagement m’a déforcé.

- Une bonne douffe va te remettre d’à-plomb ! Patron, c’est ma tournée ! »

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Lettre E

Échevin : adjoint au maire

Echt : véritable

Échoppe : étal de marché

Écolage : apprentissage

École gardienne : jardin d’enfant

Écouter : obéir

Elbot : flétan

Élocution : exposé fait en classe par un élève

Encoder : saisir, entrer quelque chose dans un machine

Endéans : dans une période de temps déterminée

Entièreté : totalité, intégralité

Entre l’heure de midi : pendant la pause de midi

Escabelle : échelle double

Escavèche : préparation de poisson en gelée vinaigrée

Essuie : serviette

Essuie-tout : sopalin

Estaminet : petit bistrot

Être longtemps parti : être parti depuis longtemps

Évitement : déviation routière

Exemplatif : à titre d’exemple

 

A la réunion de parents, deux pères discutent :

« Comment ça va avec ton gamin ?

- Pas facile tous les jours. Je l’ai pris avec moi à l’échoppe pour un écolage samedi dernier.

- C’est une bonne idée.

- J’ai vite regretté. Une dame lui demande un filet d’elbot, il lui sert un cabillaud dans son entièreté, avec la tête et tout ! Une autre voulait de l’escavèche, il lui a conseillé de prendre autre chose car il ne voulait pas y toucher. Je lui ai demandé de monter sur l’escabelle pour attraper un rouleau d’essuie-tout et il m’a rétorqué qu’il avait le vertige.

- Et bien !

- Entre l’heure de midi, il a demandé de faire une pause. Je trouvais qu’il était longtemps parti et je l’ai trouvé en train de draguer la fille de l’échoppe à fromages ! Exemplatif, non ?

- Un echt fainéant !

- Depuis l’école gardienne, il n’écoute pas. Il devait un jour préparer une élocution endéans deux semaines. Et bien, il n’a rien fait et a récolté un zéro. Moi qui voulais qu’il devienne échevin. Je pense qu’il va finir dans un bureau à encoder des données toute la journée.

- Ou serveur dans un estaminet !

- Peut-être ! Ah, ces gosses ! »

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Lettre F

Façadeklacheur : peintre en bâtiment

Fancy-fair : fête de bienfaisance

farde: cartouche (de cigarettes), chemise, dossier, classeur

femme à journée ou femme d'ouvrage: femme de ménage

feu ouvert: âtre

fieu : ami

filet américain: steack tartare

flamiche : tarte au fromage

Flamîn: Flamand (péj.), charlot

flamingant: extrémiste flamand

flat : studio

flave: mou, sans personnalité

floche: pompon

foufernailles : choses sans valeurs

fouffes: frusques

fourte: zut !

franc : téméraire

fransquillon: francolâtre

fransquillonner: pincer son français

fréquenter: avoir une liaison

fricadelle : une préparation en forme de saucisse panée

fricassée : œuf sur le plat servi avec du lard

frigolite™: polystyrène expansé

frisko™: esquimau

friture : friterie

froebélienne : institutrice maternelle

frotte-manche : fayot

frotter: récurer

frotteur: petite brosse pour effacer la craie du tableau noir

 

Chez le coiffeur, deux amies discutent :

« Et la petit Claudine, la fille de Fernande, comment va-t-elle ?

- Elle s’est entichée d’un français.

- Non ? Fourte !

- Oui, Ses parents auraient préféré même un flamîn !

- Où est-ce qu’ils se sont rencontrés ?

- A la fancy-fair. Elle aurait mieux fait d’attraper la floche du carrousel, j’te le dis, moi.

- Et qu’est-ce qu’il fait comme métier ?

- Façadeklacheur.

- Et elle ?

- Quand elle était petite, elle voulait être froebélienne. Elle maniait déjà bien le frotteur. Mais à 18 ans, elle a fréquenté un garçon et a lâché ses études. Maintenant, elle est femme d’ouvrage à l’hôtel de la gare. Elle passe ses journées à récurer les toilettes.

- Et le fransquillon, il est comment ?

- C’est un flave, un peu frotte-manche. Il lui offre des fouffernailles avec un beau discours et elle est contente. Il l’emmène parfois à la friture manger une fricadelle ou un américain frites, avec un frisko comme dessert.

- Moi, mon mari avait intérêt à m’inviter dans un beau restaurant déguster une fricassée ou une flamiche, et à m’offrir autre chose que des fouffes.

- Il a pris un flat en ville. Mais je ne sais pas comment il paie ses charges, vu ce qu’il fume ! Il achète au moins deux fardes de Marlboro par semaine, qu’elle dit Yolande, la libraire.

- Il ne va pas faire long feu !

- Non, il va pas fransquillonner longtemps ici si les flamingants montent au pouvoir.

- Oui, il sera plus aussi franc et va retourner retrouver ses compatriotes. »

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Lettre G

Gag : amusant

Galette : gaufre sèche

Gazette : quotidien

Gazer : aller vite

Gille : personnage de carnaval

Gletter : baver, goutter

Gonzague (un) : prétentieux

Gouaper : fréquenter les cabarets

Goulaf(re) : goinfre

Gourme : cloque, enflure de la peau

Gosette : chausson (aux pommes, abricots, …)

Goûter : avoir le goût de ou plaire

Graduat : grade de l’enseignement supérieur

Griffe : égratignure

Groseille verte : groseille à maquereau

GSM : téléphone portable

Guindaille : beuverie

Guindailler : faire la fête

Gyproc : plaque de gypse

 

Deux amies au tea-room

« Qu’est-ce que tu vas prendre avec ton café ?

- J’ai envie d’une gosette aux groseilles vertes. Et toi ?

- Je vais me contenter de la galette qu’ils donnent avec la tasse.

- T’es pas une goulaffe, toi !

- Je fais gaffe à ma ligne. Tu sais quoi ? J’ai un nouveau voisin.

- Raconte. Il est comment ?

- Assez jeune. Il vient d’obtenir son graduat en économie. Mais c’est un Gonzague. Il passe dans la rue en gazant avec sa vieille Ferrari pleine de griffes. Et il part gouaper chaque week-end.

- Oh ! J’aimerais bien le rencontrer. T’as pas son GSM ?

- T’es seule maintenant ? C’est fini avec ton Gille de Binche ?

- Oui. Il n’arrêtait pas de guindailler avec ses potes. Un jour, il a voulu garder son chapeau en plumes d’autruche pour faire l’amour.

- C’est gag !

- A part que j’avais mis des bougies parfumées autour du lit … tu sais pour l’ambiance.

- Oui, j’adore !

- Mais il a pas fait gaffe et les plumes ont pris feu. En essayant de l’éteindre, il s’est brûlé les mains. Alors j’ai jeté de l’eau pour arrêter les flammes. Le lendemain, mon Gille était plein de gourmes et son chapeau glettait. Il m’en a tenue responsable et je l’ai quitté.

- Bien fait ! Alors, ça goûte ta gosette ? »

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Lettre H – I - J

Halvenalf : moitié moitié

Horeca : secteur de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés

Humanités : études secondaires

Import : importation

Indaguer : enquêter, mener une enquête judiciaire

Infar : infarctus du myocarde

Instiguer : pousser quelqu’un à faire une action généralement mauvaise, inciter

Intercommunale : Association de communes se regroupant pour adapter leur politique, le plus souvent en matière d'énergie, d'eau, de déchet

Jatte : bol, tasse

Jeu de balle : balle pelote

Jobiste : étudiant qui exerce un job de vacance

Jogging : training

Jouette : prompt à jouer

Journal de classe : agenda scolaire

Juste ! : Exact !

 

Deux pensionnées discutent.

« Tu veux une jatte de café, Lucienne ?

- Oui, je veux bien. Dis, Liliane, il a l’air délicieux ton gâteau !

- Merci. Pas besoin d’être diplômée de l’Horeca, c’est une recette facile.

- Et ton petit-fils, que devient-il ?

- Cet été, il était jobiste à l’Intercommunale des eaux mais il n’y est resté qu’une semaine.

- Pourquoi ?

- Tu le connais. Il s’est amusé avec les vannes et a provoqué des inondations dans toute la ville.

- Quelle jouette ! Il poursuit ses humanités ?

- Halvenhalf. Il n’y va pas tout le temps. Parfois, il passe me voir, toujours habillé en jogging. Ses parents disent que son journal de classe est rempli de remarques. Ils ne savent plus quoi faire.

- Tu ne lui demandes pas ce qu’il voudrait faire plus tard ?

- Il dit qu’il bosse dans l’import.

- De quoi ?

- Je sais pas trop. J’ai peur qu’il se fasse instiguer par de mauvaises fréquentations.

- Va falloir indaguer ! Dis, tu as mis quoi sur ton gâteau ?

- C’est du sucre en poudre que mon petit-fils me demande de laisser dans mon placard et de ne pas y toucher.

- Pourquoi ?

- Il dit que c’est un sucre très spécial, importé ! Mais j’en ai pris un peu pour le glaçage. Il ne le remarquera pas.

- En tout cas, cela me fait un drôle d’effet. J’ai l’impression que je vais faire un infar ! »

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Lettre K

Kaberdouch : café populaire

Kaskop : hollandais

Keeper : gardien de but

Kermesse : fête de plein air

Ket, ketje : gamin

Kicker : baby-foot

Kikkebiche : chair de poule

Kikkefretter ; bruxellois

Kinésiste : kinésithérapeute

Kipkop : fromage de tête

Klachekop : chauve

Klette Mariette ! : Macache !

Kot : chambre d’étudiant

Koter : vivre en kot 

Koteur, euse : étudiant vivant en kot

Kriek : bière fermentée à base de cerises

Krolle : boucles de cheveux

 

Deux amies d’enfance discutent :

« Tu es toujours inscrite sur ce site de rencontre ?

- Oui, depuis plusieurs mois maintenant.

- Et tu n’as toujours pas reçu de propositions ?

- Si. Plusieurs même !

- Vas-y, raconte !

- Le premier, il s’appelait Nicolas. Il disait qu’il avait 25 ans et qu’il était kinésiste.

- C’est intéressant. Toi, qui a toujours mal quelque part. Vous vous êtes donné rendez-vous à son cabinet ?

- Klette Mariette ! En fait, il était en première année d’études pour devenir kiné. C’était un ketje boutonneux de 20 ans. Il m’a invitée dans son kot à Louvain-La-Neuve, un cinq mètres carrés !

- Vous êtes devenus vite proches alors !

- Tu parles ! J’ai bu mon Fanta et je suis partie en laissant un faux numéro de GSM.

- Et ensuite ?

- Il y a eu François, un gardien de but hollandais.

- Un kaaskop !

- Ouais ! Il m’a contactée et m’a donné une adresse de rendez-vous.

- C’était un restaurant ?

- Non, un kaberdouch ! En plus, quand je l’ai vu, j’ai eu un choc car il était klachekop !

- Comme Barthez !

- Oui mais en moins célèbre. On est entrés dans le café. Il m’a payé une kriek. Très vite, j’ai compris qu’il était plus intéressé par la partie de kicker qui se jouait à côté de nous, que par moi ! Lorsqu’il est allé aux toilettes, je suis vite partie.

- Et bien. Tu n’as pas vraiment eu de chance.

- Rien ne vaut une vraie rencontre.

- Juste !

- La semaine dernière, je suis allée à la kermesse et j’ai rencontré Julien, un kikkefretter avec plein de krolles. On a partagé une tartine avec du kipkop.

- Tu rougis !

- Rien que d’en parler, j’ai les kikkebiche ! »

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Lettre L

Labbekak : poltron

Langue de Vondel : néerlandais

Lapette : café noyé

Latte : règle plate

Laverie : buanderie

Lavette : tissu humide à vaisselle

Lessiveuse : machine à laver

Lichette : attache, chaînette (de vêtement)

Lift : auto-stop, prise en stop

Logopède : orthophoniste

Loque : linge, torchon, vêtement

Losse : polisson

Lunapark : salle de jeux électroniques

 

Un jeune homme sonne à une porte. Une dame âgée lui ouvre.

« Bonjour, Madame. Souhaitez-vous apprendre la langue de Vondel ?

- La langue de bois me semble plus utile !

- Je vends des dictionnaires Français – Néerlandais.

- Tu sais, petit, j’ai une carrière de logopède derrière moi. Je peux t’assurer qu’il est déjà compliqué de maîtriser une langue, alors deux …

- Mais on vous offre un stylo et une latte.

- Ecoute, je dois aller dans ma laverie allumer ma lessiveuse pour faire tourner ma lavette et mon torchon, puis je dois réparer la lichette de mon châle. Mais je peux te proposer une lapette.

- Non, merci.

- Fais pas ton labbekak ! Après, je te lifte au lunapark, gamin.

- D’accord !

- Losse, va ! »

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Lettre M

Maatje : jeune hareng

macrâle: sorcière

maison communale: mairie

maf: maboul

malade : chaud, étouffant

malette: cartable, pique-nique

manique: poignée de tissu épais

maïeur, mayeur : maire

mammotest : mammographie

mandaïe: ouvrier non qualifié

manon : chocolat blanc fourré de crème aromatisée au café

manne: bannette

manneke : gamin

maquée: fromage blanc

marchand de loques: chiffonnier

margaille : dispute, grabuge

marier (tr): épouser

maronne : pantalon

mastoc: maboul

se méconduire : se conduire mal

Ménapien: Flamand (péjoratif)

mêle-tout: personne indélicate, indiscret

m'fi!: adresse paternelle

michepape: boue liquide

miette: petite quantité

milice : service militaire

minerval : droit d'inscription dans les hautes écoles et les universités

minnekepouss  chaton

minque: criée, marché aux poissons

mitraille: petite monnaie

mitraillette : pistolet (sandwich) contenant des pommes-frites, de la viande et de la sauce.

monnonc': oncle

mop : balais à franges

moulin : carrousel, manège

muser: fredonner, bouche fermée

 

Après les macrâles d’Halloween et la St Nicolas, se profilent les fêtes de fin d’année. Comme chaque fois, un marché de Noël s’installe sur la place du village. Le maïeur l’inaugure début décembre depuis le perron de la maison communale. Des chalets de bois sont disséminés autour  d’une patinoire où des mandaïes  distribuent les patins ou  raclent avec leur mop la  glace fondue. Un marchand harangue les passants comme s’il était à la minque pour vendre ses maatjes aux oignons. Plus loin, un autre vend des manons présentés dans de petites mannes en osier.

Vers 16 heures, des mannekes, malette sur le dos, mouillent leurs maronnes avec la glace fondue qui est devenue du michepape. Avec leur mitraille, ils se paient un tour de moulin ou une miette de maquée sucrée.

Le soir, les braséros sont allumés. à côté, il y fait malade. Seul un maf serait capable de déplacer cet amas de métal brûlant sans manique.

Lorsque le soir tombe, les mangeurs de mitraillettes se pressent devant le marchand qui muse de joie. Dans un coin, un minnekepouss guette sa pitance.

Face au chalet qui sert des alcools autant chauds que froids, il n’est pas rare de voir quelques éméchés se méconduire et finir dans l’une ou l’autre margaille.

Un Père Noël, à l’accent ménapien et un peu mêle-tout, interroge les petits enfants sur les cadeaux qu’ils souhaiteraient trouver sous le sapin le 25 décembre.  

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Lettre N

nareux : facilement dégoûté, exigeant sur la propreté, qui a peur d'attraper des microbes…

navetteur: voyageur pendulaire

nenni, valet! (Lg): non, éh sot!

N’en pouvoir rien : n’être pas responsable de

Ne pouvoir mal : ne courir aucun danger

Nic-nac : petit biscuit sec au bord dentelé ayant souvent la forme d'une lettre ou d'un chiffre

niquet: roupillon

nominette : étiquette nominative

nonante: quatre-vingt-dix

non, peut-être : oui, bien sûr !

noquette: petite quantité

note : addition

nounouche: enfant, animal

nuton: lutin ardennais

 

Deux copains se croisent dans le train Mons-Liège.

« Hé ! François. Ça fait longtemps. Qu’est-ce que tu deviens ?

- Je reviens d’un entretien d’embauche.

- Tu as eu le poste ?

- Nenni, valet !  On était cinquante. Tous les autres étaient presque des nounouches, des gamins de vingt ans. Je ne pouvais mal être pris. Je n’en peux rien s’ils préfèrent les jeunots ! Et toi ?

- Je suis navetteur depuis quelques mois. Je bosse dans l’alimentaire. Qu’est-ce que tu faisais avant ?

- J’ai effectué des petits jobs. Cet été, je faisais déguster du pâté des Nutons dans un supermarché. Cette semaine, j’étais Saint Nicolas dans une maison de retraite. J’y ai distribué des nic-nacs par noquettes à des grands-pères et des grand-mères de plus de nonante ans. Ils étaient tout heureux lorsque je les appelais par leur prénom. En fait, je lisais les nominettes qui dépassaient de leur robe de chambre. J’en ai sorti certains de leur niquet.

- C’est sympa.

- Oui mais il ne faut pas être narreux. Un Papy souhaitait un nouveau dentier. Il m’a donc déposé l’ancien dans la main.

- Beurk ! Et tu as été payé pour ta prestation ?

- Non, peut-être ! Je n’ai pas manqué de remettre ma note à la fin de la journée. J’espère que je vais finir par trouver un poste fixe car je ne pense pas que ma pension de retraite sera mirobolante avec une carrière de Saint-Nicolas … »

 

Lettre O

occulter: barrer toute lumière

ocheirme! (Bxl): mon pauvre!

Oiseau sans tête : paupiette de veau

omnium: police-auto tous risques

oufti! : mazette!

ouille-ouille! : exprime la surprise, la compassion

oui, peut-être ? : non, bien sûr !

outre-Quiévrain: en France

 

Un home entre dans un café et s’installe au bar.

« Et bien Gilbert ! Tu en fais une tête de déterré !

- Ma journée d’hier était catastrophique.

- Raconte une fois.

- ça a commencé dès le matin. J’ai pris la voiture pour faire quelques courses Outre-Quiévrain. à un carrefour, une petite voiture rouge déboule d’une priorité de droite.

- Ah ! Les français et leur priorité de droite !

- Mais je n’ai pas eu le temps de freiner et PAF ! on s’est rentré dedans.

- T’as une omnium j’espère !

- Oui peut-être !

- Ouille-ouille ! ça va te coûter un bras !

- Oui, même les deux je pense. Ensuite, à midi, j’ai mangé un oiseau sans tête. Mais je crois qu’il avait été décapé à la Révolution Française car j’ai été malade comme un chien toute l’après-midi. J’ai dû occulter mes fenêtres, tellement j’avais mal au crâne.

- Ocheirme !

- Hier, on était vendredi 13 ! Maintenant, me voilà paraskevidékatriaphobe !

- Dis, j’espère que ce n’est pas contagieux ! »

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Lettre P (1)

paf: interloqué

pain français: baguette

panade : compote à base de gâteaux, Par ailleurs être dans la panade, c'est être dans le gaz ou dans la mélasse

panne: bassin d'aisance

pape : colle à base de farine, bouillie pour bébé

papier collant: adhésif

par après: et ensuite

parlophone : interphone

passet: petit tabouret

patate à casaque: p-d-t en chemise

patche: vieillard

pêcher: piocher (cartes)

pecket, péquet: genièvre

pelant: ennuyeux

 

Klébert sonne à l’appartement d’un vieil immeuble de Bruxelles. La voix dans le parlophone l’invite à monter. Le patche peine à atteindre le deuxième étage.

« On devrait interdire les immeubles sans ascenseur ! » peste-t-il.

Dans le couloir qui mène au salon, il embrasse sa fille Nathalie.

« Tiens, je t’ai ramené un pain français.

- Merci Papa. Mais ce soir, ce sera patates à casaque. Assieds-toi. »

Le vieil homme se pose sur un passet, seul siège libre car toutes les chaises sont encombrées de jouets, vêtements, journaux, etc.

« Toujours pas une pro du rangement la petite ! », pense-t-il en souriant.

Son regard se pose alors sur Nathan, son petit-fils de deux ans, qui joue avec des briques colorées sur le tapis. Tout à coup, l’enfant doit trouver cela pelant et il se met à jeter les jeux partout dans la pièce. Tout paf, il s’approche de son papy. Ce dernier sort un vieux jeu de cartes de sa poche. Certaines sont barrées de papier collant. Le grand-père présente les cartes en éventail devant les yeux ébahis du petit qui en pêche quelques-unes et les regarde avec émerveillement. A ce moment, Nathalie revient de la cuisine avec les plats.

« Par après, il y aura une panade pour celui qui finit son assiette. »

Le repas se passe avec comme bruit de fond les phrases d’encouragement de la mère qui tente d’enfourner les cuillerées de pape dans la bouche de son rejeton.

Pendant que Klébert déguste son pecket digestif, Nathalie annonce :

« Il est temps d’aller changer la couche de Nathan. 

- Quand tu reviens, tu pourrais m’apporter la panne ? J’ai la flemme moi aussi ! »

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Lettre P (2)

pensionné: retraité

pesteller: trépigner d'impatience

pétant: (temps) très chaud

péteux: prétentieux

péter (se la -): s'y croire

pette : échec à un examen

picard : de la région picarde

piétonnier : zone réservée au piéton

pils : bière

pinte, pin'tje : verre de bière

pissodrome: urinoir

pistier: cycliste sur vélodrome

pistolet: petit pain de mie long à Liège, rond ailleurs

pitjesbak : piste de dés

 

Cher Marcel,

Comment vas-tu ? Je ne comprends pas pourquoi tu as quitté notre Belgique natale pour devenir un picard. Ici, la vie continue. Depuis que je suis pensionné, j’adore flâner dans les rues du piétonnier de Bruxelles, près des galeries de la Reine, au mois d’août. J’y croise des touristes parisiens un peu péteux, des étudiants qui révisent pour les examens où ils ont eu des pettes, des touristes chinois qui pestellent devant les boutiques de souvenirs bondées ou grignotent un pistolet à l’américain en grimaçant. Je finis toujours au café « Le Falstaff », devant ma pint’je, à jouer au pitjesbak avec mon ami Robert, ancien pistier. Après plusieurs pils, je rentre à la maison en n’oubliant pas de passer par le pissodrome à côté de l’église.

A la prochaine

Raymond

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Lettre P (3)

place: pièce (de séjour), emploi

plafonneur: plâtrier

plasticine©: pâte a modeler

plèquer : être collant

plotch: motte

plumier : trousse d'écolier pour les stylos, les crayons, les bics et feutres

poechinel: marionnette

poêlon: casserole

poque: trace de coup

poquettes: variole ou varicelle

postposer: différer

posture : statue

potale : une niche contenant une statuette protectrice.

potemeye : pochtronne

potepeye : pochtron

 

Une mère évoque l’enfance de son fils :

« Quand tu étais tout petiot, tu me pléquais. Dès que je changeais de place, il fallait que tu me suives dans toute la maison. Dans la cuisine, j’avais toujours peur qu’un poêlon finisse sur ta tête.

Un jour, on t’a offert un plotch de plasticine et tu restais des heures à sculpter des bonshommes étranges. On aurait dit des potemeyes et des potepeyes car ils étaient tout bancals. Tu t’amusais aussi à jouer au  plafonneur en en fourrant dans toutes les poques que tu trouvais dans les murs.

Plus tard, on t’a donné un théâtre en bois et on a eu droit à un spectacle de poéchinel chaque dimanche après-midi. Avant ton entrée en primaire, tu as reçu ton premier plumier. Comme tu as ouvert de grands yeux ébahis ! On aurait dit que tu avais reçu une médaille. Tu t’es vite empressé à le remplir avec des stylos de toutes les couleurs, tes premières billes et des gommes sculptées avec ton petit canif.

Avec ta grand-mère, vous alliez vous promener jusqu’à une petite potale où trônait une posture de la Vierge. Vous allumiez un cierge. Comme il lui manquait un bras, sûrement à cause de l’obus tombé tout près en 43, tu priais pour qu’il repousse.

Et lorsque tu as attrapé les poquettes, on a été obligé de postposer ta fête d’anniversaire d’une semaine. A force de mettre du rouge sur tes boutons, tu ressemblais à un indien sorti de sa réserve. Alors on a organisé le maquillage de tous tes copains pour faire malgré tout une belle photo.

Maintenant, tu m’annonces que je vais devenir grand-mère. Comme je suis heureuse car tu auras, à ton tour, la possibilité d’évoquer d’aussi beaux souvenirs d’ici quelques années ! »

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Lettre P (4)

poter: boire en série

potiquet : petit récipient

Potferdek : nom d’un chien !

pour + pronom personnel + infinitif : afin que + pronom personnel + puisse(s), puissions, puissiez, puissent + infinitif

pouss : chat

pouske : chaton

poussette: landau, caddie

praline : chocolat

préjudicié : victime d’un préjudice

prépension: préretraite

prester: effectuer une prestation

principautaire: relatif à Liège

priorité de droite : priorité à droite

pûteler: tripoter, peloter

 

Claude donne des cours de conduite à son petit-fils Jérôme.

« Allez ! On y va. »

Le jeune homme bricole avec le levier de vitesse.

« Arrête de pûteler ce manche et passe la première en douceur comme si tu touchais les cheveux d’une jolie brune qui sent la praline. »

La voiture démarre avec des soubresauts, parcourt quelques mètres avant que Jérôme ne freine brutalement.

« Potferdek ! Qu’est-ce qu’il y a, petit ?

- J’ai freiné pour que le pouss traverse.

- T’occupe pas des pouskes, sinon t’as pas fini de t’arrêter. Pour une maman avec sa poussette, c’est autre chose. Allez, redémarre. »

Quelques minutes plus tard :

« Attention ! Une priorité de droite, ralentis ! Si un français déboule, on est mal. Va te parquer en créneau là-bas. »

Jérôme effectue doucement sa manœuvre et parvient à se parquer avec succès.

« Bravo ! »

Claude sort de la voiture.

« Ben … où tu vas ?

- Fêter ma préretraite en allant poter au bistrot. Tu pourras prester comme chauffeur pour me reconduire. Ça évitera de nouveaux préjudiciés dans le quartier.

- Mais ça fait plus d’un an que tu es préretraité !

- Il faut toujours se souvenir des bons moments. Viens je te paie un liégeois, gamin »

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Lettre Q

Quartier : appartement

Quetter : forniquer (vulg.)

quiquine: sexe de femme

Quart : Et quart, ex : quart avant dix heures, ou quart de dix heures (pour dix heures moins quart ou neuf heures trois quarts) ; quart après dix (pour dix heures un quart ou dix heures et un quart).

Que pour (trop/assez ~) : trop/assez … pour

Quoi (dire ~ / demander ~) : Dire, demander ce qu'il en est, donner demander des nouvelles

Qu'est-ce que c'est pour : Quelle espèce de... c'est

Queue (faire la) : faire la file

 

Deux potes discutent :

« Tu te souviens de Luc ?

- Oui. On était ensemble au collège. Il était trop moche que pour avoir une copine.

- Il a bien changé depuis ! Il s’est fait opérer et est un devenu digne d’une couverture de Vogue

- Non !

- Je t’assure. Les quiquines faisaient la queue devant son quartier de Charleroi.

- Qu’est-ce que c’est pour un veinard celui-là !

- Quetter à  tout bout de champ, je ne sais pas …

- Je vais aller le voir pour des conseils. Il me dira quoi.

- Ce sera difficile. Quelle heure est-il ?

- Quart de dix heures. Pourquoi ?

- Je te laisse. Je vais à son enterrement justement. A force de carburer au Viagra son palpitant a lâché. » 

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Lettre R (1)

rabistoquer: rafistoler

rac (tomber en) : tomber en panne

raccuser, racuspoter: cafarder

raccusette : un cafardeur

racagnac: clé à cliquet

rachalander: réassortir

racrapoté: recroquevillé

radadaï: fichu, ou sur la pente

raie: ligne (cheveux)

ramassette: pelle à poussières

ramelink : raclée

 

Deux adolescentes discutent :

« Mon frère, il est relou !

- Pourquoi ?

- Quand on me dit de ranger et nettoyer ma chambre, je fourre tout dans le placard et je cache les cochonneries sous mon lit. Mon petit frère m’a vue et a été raccuser aux vieux. Evidemment, il a eu droit à une caresse qui lui nique la raie dans les cheveux et moi aux grands discours.

- Qu’est-ce que t’as fait ?

- Ben, j’m’y suis collée. J’voulais pas me récolter une ramelink. J’ai pris l’aspiro pour choper les miettes et les minous racrapotés dans les coins. Mais il était déjà radadaï depuis un petit temps. Evidemment,  il a fallu qu’il tombe en rac !

- Pas de bol !

- J’ai essayé de le rabistoquer en lui ouvrant le bide avec un racagnac. Clette ! J’ai dû finir à la ramassette.

- T’étais vénère ?

- C’est clair ! Il a pas intérêt à venir me demander quelque chose, la racusette !

- Viens, on va se détendre. Ils ont rachalandé le rayon maquillage du Kruidvat.

- Cool ! »

Ensemble, elles crient « Shopping ! »


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Lettre R (2)

ramicoudé: en mauvais état

ramonache : raifort, radis noir

rapia : radin, grippe-sou

ratchacha: griffonnage

rattachisme : doctrine politique prônant le rattachement de la Wallonie à la France

rawète : supplément, rab

receveur : percepteur

réciproquer : présenter ses vœux en retour

recouvrir : retrouver, recouvrer

recta: immédiatement

régendat : mandat

 

« Salut François. Comment va ton père ? Il est sorti de l’hôpital ?

- Il n’est pas resté longtemps. Dès qu’on lui a présenté les tarifs, il a recouvert la santé recta. Rapia comme il est ! Maintenant, il se soigne à la soupe de ramonache.

- A ce point ? Il n’est pourtant pas pauvre.

- Non. Mais il se trimballe toujours avec sa vieille veste  de velours côtelé ramicoudée.

- Qu’est-ce qu’il exerçait comme métier ?

- Receveur des impôts. Son régendat a duré plus de trente ans. Ses employés ont dû apprendre à déchiffrer ses ratchachas. Il écrivait petit pour économiser du papier. Au Nouvel An et à Noël, je lui offre toujours un petit cadeau et lui me réciproque juste avec une grande accolade.

- Sympa !

- Au repas ; les quantités sont calculées au gramme près, pas question de demander une rawète ! Il serait même capable de prôner le rattachisme si cela lui faisait gagner ne fut-ce qu’un cent.

- Il faudrait peut-être lui rappeler qu’un linceul n’a pas de poche !

- Il serait tout à fait capable d’en faire fabriquer un ! Sacré papa ! »

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Lettre R (3)

reloqueter: nettoyer

remettre: céder (une affaire)

remettre: vomir

renon: résiliation

renseigner (qqch): indiquer

résonner : retentir

rester: habiter

retaper qqn:  reconduire qqn

rétroacte : événement antérieur

revenir sur : se souvenir

rhéto : classe terminale

 

Deux amies aux cheveux grisonnants se promènent en rue.

« Regarde ! Ce café est à remettre. Je ne reviens plus sur le prénom de la gérante.

- Fernande !

- C’est ça ! Et tout le monde lui chantait toujours cette chanson de Brassens (https://www.youtube.com/watch?v=HFg2Ja6fVvk)

- Qu’est-ce qu’on rigolait ! J’ai appris qu’elle avait donné son renon il y a quelques mois. Elle reste chez son fils maintenant.

- Tu te souviens des bons moments passés ici ?

- Oui. Cela a commencé quand nous étions en rhéto.

- Ton père te laissait enfin sortir jusque minuit.

- La musique résonnait dans toute la rue : le twist, le tchatcha, le rock. C’était la première fois que je buvais de la gueuze.

- Oui, et tu as tout remis sur le parquet de la piste de dance et Fernande t’a obligée à reloqueter tout le café.

- C’est juste. »

Une voiture s’arrête près des deux amies.

« Excusez-moi, Mesdames, pouvez-vous me renseigner la banque la plus proche ?

- Oui, à condition de nous retaper à la Grand’Place, jeune homme. »

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Lettre R (4)

ring: rocade

riquettes : choses sans valeurs

rire : se moquer, plaisanter

risquer : avoir des chances de (dans un sens positif)

roni: racaille

roofing: couverture de toit bitumée

roter: râler

roucha : rouquin

roulage: circulation routière

rouf-rouf: à la va-vite, bâclé

routiné : habitué à la routine

ruse: problème

 

Deux policiers discutent :

« La semaine dernière, j’étais de patrouille sur le ring de Charleroi. Quand tout à coup, je flashe une vieille Renault à 130. Alors on s’est mis à le courser.

- T’es routiné à poursuivre des BM d’habitude !

- C’est vrai. On parvient à le rattraper et il se met sur le côté.

- Il avait plus d’essence ?

- Là, un roucha à l’allure de roni en sort et il se met à roter comme un roquet.

- Tu lui demandes ses papiers.

- Non, peut-être ! Là, j’appelle le Central et on me dit qu’il a pas payé sa taxe de roulage.

- Il a sûrement changé de ton, le type !

- Oui, il s’est mis à rire, à raconter des carabistouilles sur son frère qui lui devait de l’argent mais qui a préféré acheter une bague pour sa fiancée et c’est pour cela qu’il n’avait pas payé.

- Ca risquait de vous plaire ça ! N’importe quoi !

- Rouf-rouf, j’ai commencé à rédiger mon PV et le type nous propose de nous acheter avec un I phone, une montre Armani mais c’était des riquettes, des copies « made in China ».

- Quel biesse !

- Alors on a embarqué tout ce qu’il avait dans sa voiture et même les dix rouleaux de roofing.

- Mais … c’était aussi de la contrefaçon ?

- Non mais le gars, il a pas vu la ruse. C’est ainsi qu’on a refait la plateforme du commissariat ! »

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Lettre S (partie 1)

sacoche: sac à main

saisi: (n.) crétin, (pp) stupéfié

saisir: surprendre

salade de blé: mâche

salon-lavoir: laverie automatique

salu en de kost! (Bxl): bon vent!

sauret: hareng saur

savoir: pouvoir (parfois)

savonnée: eau savonneuse

scabinal : que se rapporte à la fonction d’échevin

scafoter: chipoter, traficoter

 

Deux dames d’une soixantaine d’années discutent :

« Quelle journée abominable !

- Qu’est-ce qui t’arrive, ma pauvre ?

- Et bien, tout a commencé ce matin. J’ai mis une battée de linge dans la machine. Et quand je suis revenue trente minutes plus tard, j’avais les pieds dans la savonnée !

- Elle n’est pourtant pas vieille ta lessiveuse ?

- Non, mais c’est une drôle de marque étrangère, sûrement d’un pays où on lave à la main la semaine et en machine que le weekend pour pas l’user ! Bref, il m’a fallu une heure pour tout éponger avec ma loque. Il était déjà midi.

- Qu’est-ce que tu as préparé ?

- Une salade de blé. Mais en la lavant, j’ai été saisie tout d’une fois !

- Qu’est-ce qu’il y a eu ?

- Il y avait une grosse  limace sous une feuille.

- Cela te faisait un peu de viande gratuite.

- Beurk ! Je l’ai relâchée dans la ligne de salades de ma voisine. Cela lui apprendra à laisser son chat faire ses petits dans ma buanderie.

- Tu es une vraie amie des animaux ! Cette limace ne mourra pas de faim.

- Ensuite, j’ai embarqué mon linge tout trempé jusqu’au salon-lavoir.

- Celui en bas de ta rue ?

- Oui, juste à côté du caberluche d’André. Là, j’ai enfourné mes draps, mis les produits, la pièce de monnaie … et rien !

- Fourte, c’était pas ton jour !

- J’ai appelé le responsable qui a scafoté la machine et elle s’est enfin mise en route.

- Tout est bien qui finit bien.

- Attends, c’est pas fini ! Lorsque je suis sortie, un manneke a tenté de m’arracher ma sacoche. Il était maigre comme un sauret.

- Il est parti avec ?

- Non ! Il a pas su. Je l’attache toujours autour de moi. Il m’a juste fait berloquer. Le saisi ! Il essayait de tirer avant de comprendre que je ne lâcherais pas. !

- Il est parti ?

- Non, peut-être ! Salu en de kost le ket !

- Ben, quelle journée !

- Oui et dire que c’est la journée de la femme. Je m’en serais bien passée. »

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Lettre S (partie 2)

Scherp : très limite

schief : de guingois

scrabblier : plateau de scrabble

seniorie ou seigneurie: maison de retraite

septante: soixante-dix

serrant : vêtement qui serre

s'il-vous-plaît? : plaît-il?

s'il-vous-plaît! voici!

singlet: marcel

siroperie : fabrique de sirop (mélasse faite de jus de pommes et de poires)

sketter : casser

Il est 15 heures sur l’horloge de la seigneurie. Maurice et Albert jouent au scrabble. La partie est serrée ; septante pour Maurice et septante-neuf pour Albert. C’est le dernier coup et la tension est à son comble. Il fait douf dans le grand salon commun. Maurice est en singlet. Mais Albert a choisi une chemise, un peu trop serrante et des auréoles humides ornent le tissu sous ses aisselles.

« SIROPERIE ! annonce fièrement Maurice.

- Sil-vous-plaît ?

- Rallume ton sonotone. SIROPERIE, dix points. J’ai gagné ! et il pose ses pièces sur le scrabblier élimé

- C’est scherp tout de même, un point de différence. Pas de quoi se gausser.

- C’est le jeu mon cher Albert !

- Chose promise, chose due. »

 Albert retire ses pantoufles toutes neuves et les dépose sur la table.

« Sil-vous-plaît !

- Merci. En échange, je vous donne les miennes.

- Elles sont toutes skettées !

- Au moins, vous ne courrez pas en pied de bas. »

Pendant que Maurice, nouvellement chaussé, s’éloigne joyeusement, Albert part rejoindre sa chambrant, en avançant tout schief.

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Lettre S (partie 3)

slache: pantoufle, tongue

slaptitude : affaiblissement

smeirlap : salaud

smoutebolle : beignet

SMS: message "texto"

snol: foutu, «Que dalle!»

snul: incompétent

snotneus : morveux

snouffeleir : va-nu-pied

soigner pour : veiller à, s’occuper de

sonner (tr.): appeler

            C’est la foire du midi à Bruxelles, Michel se promène en slaches entre les stands. Il décide de jouer à un jeu d’adresse qui consiste à lancer des balles dans les bouches mouvantes de grosses têtes en plastique.

« Salutje ! Où il est ton papa ? Je voudrais jouer.

- Mon papa ? Mais je suis adulte, j’ai 19 ans.

- Oh, pardon. Je t’ai pris pour un snotneus. Donne-moi cinq balles pour dix euros.

- Voilà ! »

            Il lance la première … raté ! De même pour la deuxième. La troisième entre.

« Bravo ! Il en faut deux pour avoir un lot. »

            Michel se concentre mais la quatrième balle rebondit sur le nez du personnage grotesque.

« Un peu de slaptitude … mais il me reste une balle ! »

            Le joueur met longtemps avant de la lancer. Celle-ci entre presque dans la bouche mais se cogne aux lèvres et ressort.

« Snol ! annonce le forain

- Mais elle est rentrée et ressortie.

- C’est perdu !

- Smeirlap !

- Snul ! T’es qu’un snouffelair, mon vieux.

- Tu oses me parler ainsi ! Je vais soigner pour que tu le regrettes. Je vais sonner mes amis ou leur envoyer un SMS. On va tous aller chercher des smoutebollen pour gaver tes bonhommes !

- Pas de problème. C’est mon père qui sera heureux d’avoir des clients ! »

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Lettre S (partie 4)

sonrer : somnoler

soquet: douille d'ampoule

sorteur: videur

souche: ticket de caisse

souper: repas du soir

sous-bock: sous-verre en carton

sous-eau : inondé

sous-plat: dessous-de-plat

sous-tasse : soucoupe

spéce: pas ordinaire

spépieux: méticuleux, tatillon

 

Deux « dames pipi » discutent :

« Tu travailles où maintenant ?

- Au « café de la Place ». Et toi ?

- Dans la boîte de nuit « Au chat noir ».

- Tu as changé. Avant, tu n’étais pas au Mac Do ?

- Si, mais suite aux travaux dans leur rue et aux averses des derniers jours, ils sont sous-eau.

- Une boîte de nuit ? C’est spéce.

- L’avantage, c’est qu’il y a un sorteur même devant les toilettes.

- Pourquoi ?

- Les bagarres ! Il est très grand. Quand il a fallu changer une ampoule, il n’a pas eu besoin d’échelle pour lui atteindre le soquet.

- Pratique.

- En début de soirée, les clients sont spépieux et ils se plaignent du moindre petit morceau de papier à terre. Plus tard, ce sont les mêmes qui viennent vomir leur souper. Et là, ils sont tout à coup moins regardants !

- Non, peut-être !

- Un jour, un homme totalement pété m’a demandé une souche pour ses septante cents. J’ai pris un sous-bock que j’ai gribouillé. Il était tout content. Une autre fois, j’ai retrouvé une femme qui sonrait dans la toilette. On a failli la laisser là toute la nuit.

- Moi, on me vole souvent ma sous-tasse. J’ai déjà  perdu l’équivalent de plusieurs services dans ma carrière.

- Personnellement, j’ai opté pour le sous-plat. C’est moins bruyant lorsque les gens déposent leurs pièces.

- Malin ! Je te pique l’idée ! »

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Lettre S (partie 5)

spikes : chaussures à pointes

spirou : écureuil

smokkeleer : trafiquant

spittant: vif, pétillant

spitter: éclabousser

spitture: petite éclaboussure

stamenei : estaminet

sterput: siphon de cour

ça sting : ça pue

stoef : esbrouffe

 

Deux amies sexagénaires se retrouvent dans un stamenei de Bruxelles.

« Bonjour Lise. Comment vas-tu ?

- Bonjour Marie. Bien … assied-toi.

- Qu’est-ce que tu as fait sur ta blouse ? Tu as des spittures.

- Faut que j’te raconte ! Tu te souviens de mon petit-fils Emmanuel ?

- Celui qui porte toujours une casquette et des spikes ?

- Oui, je l’appelle mon petit spirou. Il aime bien faire du stoef devant ses copains.

- Parce qu’il est toujours spittant !

- C’est ça ! Il vient souvent. C’est un gentil enfant mais il ne tient pas en place. La dernière fois, mon sterput était à nouveau bouché. Il s’est empressé de venir le déboucher.

- Il est serviable.

- Tantôt, je passais dans ma cour et j’ai trouvé que cela stingait !

- Beurk !

-Là, j’ai soulevé le couvercle du sterput et ça a spitté. C’est normal, il y a avait un drôle de sachet avec des cachets de toutes les couleurs. Regarde.

- Cache cela. On va te prendre pour un smokkeleer !

- Je peux essayer. Ma retraite est très modeste tu sais ! »

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Lettre S (partie 6)

stoeffeur : vantard

en stoemelings : en douce, en cachette

stroemp : plat à base de purée de pommes de terre et d’un ou plusieurs légumes, aromatisée de thym et de laurier

stouf: temps lourd, étouffant

strîpe : crise, caprice

strogner : flouer

student : étudiant

stuut : bizarrerie, contrariété, imprévu

subsidier : subventionner

sukkeler : avoir des difficultés

 

Deux copains d’enfance discutent.

« Tu te souviens de Julien ?

- Oui, le stoeffeur de la classe !

- C’est cela. Quand il était encore student, il travaillait avec son grand-père dans son restaurant en job étudiant.

- Oui, je me rappelle. Il se plaignait de devoir servir du stoemp à longueur de journée car c’était la spécialité de la carte.

- Plus tard, il a repris le commerce familial en promettant de ne pas changer le menu. Mais l’année où il a fait stouf, il a fait quelques modifications en stoemelings.

- C’est sûr que les gens voulaient autre chose que de la purée de légumes et des chipolatas.

- Il a commencé à proposer des plats à base de caviar, de saumon, de homard et autre mets raffinés. Mais il n’a rien dit à ses grands-parents qui le subsidiaient car il disait qu’il sukkelait.

- Et cela a marché ?

- Pas vraiment. Quand le papy a vu les factures, il a compris qu’il y avait un stuut et a enguirlandé le gamin l’accusant de l’avoir strogné.

- Et comment il a réagi ?

- Julien a fait un stripe. Mais pour finir ses grands-parents ont repris l’affaire avec de petites modifications. Désormais, on peut y déguster du homard avec du stoemp de carottes ou du caviar avec stoemp de poireaux.

- Y’a de l’idée ! »

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Lettre T (partie 1)

Taiseux : taciturne

tapis plain: moquette

tartinière : planche à tartiner

taque: plaque électrique

tamponne: cuite

tantôt: tout-à-l'heure

 

Je me réveille ce matin avec la gueule de bois. Normal, vu la tamponne que je suis prise hier soir. Une bonne douche efface un peu les douleurs qui me rongent. En entrant ensuite dans ma cuisine pour casser la croûte, je trouve un vrai capharnaüm et le tapis plain du salon décoré de tartines. Ne me souvenant de rien, j’appelle mon pote Serge. C’est un taiseux au téléphone alors il me dit juste : « J’arrive, à tantôt ! ».

Une fois chez moi, il m’explique que, complètement cuits, nous avons voulu vérifier la théorie de la tartine à la confiture. J’ai grillé des tartines sur ma taque, puis je les ai mises sur la tartinière pour les couvrir de confiture avant de nous rendre dans le salon pour les faire tomber. Elles sont toutes tombées du côté de la confiture sauf la 23ème ! Nous nous sommes alors dit au revoir.

Je jure de ne plus vouloir goûter les bières de toutes les abbayes belges.

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Lettre T (partie 2)

tatache : un-e bavard-e

taxatoire : qui concerne la taxation

tchiniss : choses sans valeurs

téchtu! : la ferme!

Téco : disjoncteur

tenir : garder, supporter, collectionner

 

« Tu en fais une tête. Que se passe-t-il ?

- Je viens de recevoir un courrier avec une facture salée.

- Pourquoi ? Qu’est-ce que t’as fait ?

- Tu sais que je suis un grand collectionneur.

- Oui, tu collectionnes toujours les timbres, les pièces de monnaie et sous-bocks.

- Mais aussi des cafetières électriques. J’ai voulu les brancher toutes ensemble pour un record du monde du plus grand café. Mais le téco à sauté !

- Tu m’étonnes !

- Le problème, c’est que tout le quartier a sauté aussi. On était dimanche. Il a fallu attendre le lendemain pour que les électriciens viennent réparer à la borne centrale. Puis la police a enquêté.

- Ouille !

- Ma tatache de voisin les a amenés chez moi. J’avais envie de lui crier « Téchtu ! ». J’ai dis que je n’avais que des tchiniss.

- Ils sont entrés ?

- Non peut-être ! Avec un mandat et j’ai connu les foudres taxatoires. On m’a condamné à rembourser toute la nourriture que mes voisins avaient dû jeter en raison de la panne de courant. Cela m’appendra à vouloir battre un record du monde ! »

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Lettre T (partie 3)

tenir (l'alcool): supporter

teuf  : teuf-teuf

tiche : zizi sexuel

ticket (de train) : billet (de train)

tir aux clays : tir aux pigeons d'argile

tirer son plan : se débrouiller

 

Au tir aux clays, deux potes discutent :

« Tiens, on ne voit plus Armand.

- Depuis qu’il m’a accusé d’avoir trafiqué la machine au dernier concours, il n’ose plus se montrer ici ! Mais je l’ai croisé cette semaine dans le train que je contrôlais.

- Ah bon ! Je croyais que sa mère le conduisait où il voulait quand il voulait.

- La Fernande en a eu marre de devoir sortir sa teuf pour aller le chercher chaque dimanche au caberluche, complètement bouli des quatre pattes.

- Surtout qu’il ne tient pas l’alcool. Après trois Chimay bleues, il se met à gueuler comme un putois pour proposer sa tiche à chaque fille qui passe.

- Finalement, sa mère lui a dit de tirer son plan tout seul. Alors, comme il devrait aller à Liège, il a pris le train, le mien ! Et lorsque je lui ai demandé son ticket, il m’a répondu que c’était la première fois qu’il prenait les transports en commun et qu’il ne savait pas qu’il fallait en acheter un !

- Tcheu biesse !

- Puis, il a tenté de m’amadouer mais ça n’a pas marché. Je lui ai collé une double amende.

- Bien fait ! »

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Lettre T (partie 4)

tirette : fermeture à glissière

tof ! : super !

toilette : toilettes

Les Belges s'amusent à raconter, par vengeance, cette blague française :

- Pourquoi dit-on LA toilette en Belgique et LES toilettes en France ?

- Parce qu'en France, il faut toujours en visiter plusieurs pour en trouver une de propre !

tomber faible: s'évanouir

toquer (à la porte) : frapper

torchon: serpillère

            Paul vient d’avoir dix-huit ans. Son père Jean lui demande de s’asseoir à table.

« Mon fils, il y a une tradition familiale. Quand un garçon atteint la majorité, il doit goûter au ragoût Moustache et surtout finir son assiette.

- Tof ! »

            Sur ce, Jean ramène une grande casserole d’une préparation à la sauce brunâtre en annonçant :

« Voilà ! Et tu dois tout finir. Ouvre la tirette de ton pantalon pour faire de la place. Tu vas adorer ! »

            Le jeune homme commence à attaquer son assiette et semble apprécier le plat paternel. Jean lui ressert une grande louche.

« Je n’ai plus faim.

- Encore un peu, sinon tu vas tomber faible.

- Qu’y a-t-il comme viande ?

- De la verge de bœuf, du cerveau de mouton et de la queue de porc. »

            Là, Paul devient pâle et court vers la toilette. Son père vient toquer à la porte :

« Tu sais, c’était une blague !

- Trop tard ! Passe-moi un torchon sinon Maman sera furax ! »

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Lettre T (partie 6)

Tribune : déambulateur

trop … que pour: trop … pour

trouet : trou d’une ceinture, d’un feuillet

trouiller : avoir la trouille, avoir peur

tuter: boire exagérément

tutte, tututte : tétine

Carine rend visite à son amie Martine qu’elle n’a pas vue depuis longtemps.

« Bonjour Martine ! Comme tu as fondu, c’est à peine si je te reconnais.

- Salut Carine. Oui, j’ai ajouté pas mal de trouets à mes ceintures depuis que ma vie a changé. Tu te souviens de Gérard ?

- Oui, ton mari. De mémoire, il aimait tuter celui-là !

- Et j’étais trop lâche pour divorcer. Je trouillais de sa réaction. Et puis je me suis rendue compte qu’il s’en fichait de moi et je suis partie m’installera avec mon bébé chez mon grand-père qui ne pouvait plus vivre seul.

- Un bon compromis.

- Alors, on se fait un resto ? C’est moi qui régale grâce à la pension alimentaire que Gérard a été condamné à me verser. Donne la tututte à Kevin, je vais chercher la tribune de Papy et en route mauvaise troupe ! »

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